Dans son excellente émission Affaires Etrangères, Christine Okrent revenait avec ses invités le 17 octobre sur l’escalade militaire dans la péninsule, dans un contexte de tensions régionales autour du pétrole. Elle examine les liens entre sécurité énergétique, rivalités géopolitiques et stratégies de puissance au Moyen-Orient, ainsi que les conséquences des affrontements sur les marchés pétroliers et les équilibres internationaux. Dont la vulnérabilité européenne.
- Cette vulnérabilité concerne surtout le diesel et le kérosène, dont une part importante des importations provient des pays du Golfe.
- Depuis 2022, le remplacement des approvisionnements russes par des produits raffinés du Golfe a renforcé cette dépendance.
- Les frappes contre les raffineries régionales et les perturbations maritimes réduisent les disponibilités, tandis que les stocks européens de kérosène s’amenuisent.
- La situation est aggravée par le recul des capacités de raffinage européennes, peu adaptées à certains pétroles de substitution.
- L’Europe dépend également des exportations américaines de diesel, que Washington pourrait restreindre pour préserver son marché intérieur.
- Cette accumulation de risques expose donc l’Union à une hausse durable des prix et à de possibles tensions d’approvisionnement.
- Au point que les discussions au conseil européen du 15 octobre 2026 ont été dominées par cette nouvelle crise énergétique.
- Dans leurs conclusions, les dirigeants étatiques apportent leur soutien aux propositions avancées par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, dans un discours prononcé le 6 octobre concernant les achats conjoints d’énergie, les aides d’État ciblées et le report des règles relatives au méthane (ES 13/7/26).
- L’autre conséquence indirecte affecte l’Ukraine.
- L’annonce d’un accord entre D. Trump et et V. Poutine autorisant des importations de diesel russe, signale d’une part la pression dans laquelle le président américain se retrouve à quelques semaines d’élections de mi-mandat qui s’annoncent très mal.
- D’autre part, cet accord torpille complètement la stratégie des sanctions contre la machine de guerre russe.
- Une décision dénoncée comme une “trahison”, par le président ukrainien Zelensky.