Dans ce contexte de tensions énergétiques, le dernier rapport Global Hydrogen Compass 2026 du Hydrogen Council souligne le rôle croissant de l’hydrogène bas-carbone dans la sécurité énergétique, la réindustrialisation et la décarbonation. Les investissements engagés atteignent 130 milliards de dollars, répartis sur plus de 570 projets, principalement en Chine, en Europe et en Amérique du Nord. Les capacités opérationnelles ont progressé de 70 % en un an. Toutefois, le développement du secteur reste conditionné à la création d’une demande solvable et à l’application effective des politiques publiques. D’ici 2030, la demande pourrait atteindre 11 millions de tonnes annuelles, mais seuls six millions sont aujourd’hui soutenus par des politiques établies.
- L’Union européenne ambitionne de produire 10 millions de tonnes d’hydrogène renouvelable par an d’ici 2030 et d’en importer autant.
- Or, le déploiement reste très en retard : en 2024, les électrolyseurs opérationnels représentaient seulement 308 MW, tandis que l’hydrogène renouvelable coûtait environ 8 euros par kilo, soit quatre fois plus que l’hydrogène fossile.
- À partir de 14 000 sites industriels potentiels, elle montre que des aides ciblant les bassins industriels et les secteurs difficiles à décarboner pourraient améliorer leur efficacité économique jusqu’à 41 %.
- L’étude plaide pour mieux articuler soutien à la production, demande et infrastructures, notamment en Allemagne et en Belgique.
- Au fond, malgré des investissements importants et le soutien de la Banque européenne de l’hydrogène, les projets peinent à atteindre une échelle commerciale.
- Les principaux obstacles sont le coût de l’électricité, l’insuffisance de la demande industrielle, les incertitudes réglementaires et le manque d’infrastructures.
- L’UE privilégie désormais une approche plus pragmatique, ciblant notamment la sidérurgie, la chimie et les carburants de synthèse, où l’électrification directe est difficile.