Comme pour le secteur de la défense, le redressement de la situation en Europe pâtit des rivalités internes à l’Union européenne : à l’image du SCAF abandonné après les rivalités industrielles franco-allemandes (ES 19/1/26), la multiplication des projets de lanceurs légers et moyens dans le secteur spatial divise les ressources de développement déjà limitées sur le vieux continent. Il y aurait pourtant matière à se réjouir du succès des autres, comme celui des allemands Isar Aerospace, qui ont réussi après un premier échec à lancer leur fusée Spectrum, lanceur qui pourrait à l’avenir être employée pour placer en orbite des charges utiles militaires pour l’Europe.
- IRIS², la constellation de communication sécurisée européenne, souffre également de ces politiques nationalistes :
- l’Allemagne, la Pologne et l’Italie, sans se désengager d’IRIS², ont entamé des projets de constellation nationale chacun de leur côté.
- Alors que l’Union européenne peine encore à construire un pilier européen souverain et autonome pour la défense au sein de l’OTAN, les rêves de grandeur solitaire de Friedrich Merz et Giorgia Meloni ressemblent plus à de la mégalomanie mal placée qu’à un projet solide pour la défense de leur pays.
- Au Sommet international sur l’espace à Paris, début septembre 2026, IRIS² a été défendue par les politiques français et européens, mais la complexité des partenariats industriels mobilisés agacent certains.
- Pourtant, chaque rôle a été défini, et les industriels eux-mêmes sont déjà au travail.
- La frustration émanant des politiques porte surtout sur les financements de ce programme public-privé, qui dépasse les coûts originaux et jusqu’ici largement financé par les Etats-membres du projet.
- Franco Federici, conseiller militaire de Giorgia Meloni, s’agace également du temps que prend IRIS² à être concrétisée.
- Hélas, la qualité de fabrication européenne d’une constellation sécurisée ne s’aligne pas sur les cycles électoraux…
- La présidente de la Commission rappelait d’ailleurs à l’occasion du Sommet la réussite des constellations de satellites européens Copernicus et Galileo, plus précis et efficaces que leurs équivalents américains, car fruits d’un temps de développement long et de coopérations intra-européennes réussies.