La domination américaine en matière de défense et d’accès à l’espace n’a jamais fait de doute. Si c’était pour la Chine un problème auquel Xi Jinping s’est employé à remédier, l’Europe n’en faisait que peu de cas. Puis est arrivé le temps de l’invasion russe de l’Ukraine, et le retour du trumpisme à la Maison Blanche. L’Europe a lancé un grand projet de réarmement du continent, et avec lui vient la question des imageries satellitaires, des communications sécurisées, de la symbolique, aussi.
- Les chiffres sont éloquents : en 2025, les États-Unis ont mis plus de 4 000 satellites en orbite, la Chine 387, la Russie 99, et les pays européens 13.
- L’Europe accuse un retard handicapant, tant en termes d’accès à l’espace (et donc la capacité de mettre soi-même en orbite les satellites Galileo de géopositionnement et ceux d’IRIS² pour les communications sécurisées) que d’exploitation de l’orbite (on pensera notamment à l’occupation des bandes de radio-fréquences allouées à chaque pays).
- Les tentatives de réglementations, à l’image du Space Act européen, visent à combattre dans le champ législatif la domination de SpaceX, en imposant un système de réciprocité aux contrats institutionnels remportés par des lanceurs non-européens.
- Cette résolution du Sénat français sur le Space Act européen semble pertinente.
- Cependant, la multiplication des résolutions des parlements nationaux sur le texte européen pourrait bien retarder la mise en œuvre du Space Act et dénaturer le texte en fonction des priorités de chacun.