VIROLAHTI 

VIROLAHTI 

L’année dernière, l’eurobaromètre montrait que pour une majorité d’Européens, la Russie est perçue comme une menace. Mais que faire ? La sécurité collective européenne a pendant longtemps reposé moins sur l’OTAN que sur ce qui était implicitement impliqué dans le traité : la garantie militaire d’une puissance nucléaire comme les Etats-Unis. Avec le retrait progressif et surtout les signaux inquiétants envoyés par le président américain (ES 24/2/25), cette garantie est remise en question. Pour la Finlande (et la Suède) qui avaient rejoint l’OTAN pour en bénéficier, la situation est inquiétante.  

 

  • C’est probablement pourquoi, le 14 septembre 2026, la Finlande a annoncé son engagement dans la coopération européenne en matière de « dissuasion nucléaire avancée » proposée par Emmanuel Macron lors de son discours de l’île Longue, en mars. 
  • Dans ce discours le président français avait annoncé une augmentation de l’arsenal nucléaire français et proposé d’étendre la dissuasion française aux partenaires européens.  
  • Cette inflexion répond à la guerre russe en Ukraine et aux incertitudes croissantes sur la garantie de sécurité américaine.  
  • L’objectif est de renforcer l’autonomie stratégique européenne sans remettre en cause la souveraineté française :  
  • Paris conserverait seule le contrôle de ses armes et de leur emploi.  
  • Les analystes soulignent cependant les défis politiques, doctrinaux et militaires de cette « européanisation » qui suppose une convergence des stratégies nationales, des capacités conventionnelles renforcées et une coopération opérationnelle accrue.  
  • Sa crédibilité dépendra de l’engagement réel des partenaires et de la capacité européenne à établir un rapport de force dissuasif face à la Russie  
  • L’initiative marque une évolution importante de la coopération stratégique européenne. 
  • Avec cette déclaration, la Finlande rejoint ainsi l’Allemagne, la Norvège, la Pologne, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark et la Belgique.  
  • Cette coopération vise à renforcer la sécurité collective européenne face aux menaces stratégiques.  
  • Pour rappel, la Finlande partage 1340 km de frontière terrestre avec la Russie. 
  • Paris prévoit la création, dans les prochains mois, d’un groupe de travail consacré au partage d’informations, aux exercices militaires conjoints et au déploiement temporaire d’avions de chasse à capacité nucléaire dans les pays alliés.  
  • Pour le moment, il ne s’agit cependant que de mécanismes de dialogue stratégique, avec des discussions portant sur le partage d’informations, les exercices conjoints et les capacités militaires complémentaires, notamment conventionnelles.  
  • Le partage de l’arme de dissuasion n’est absolument pas en question. Dans l’état actuel de l’alliance, en tout cas. 
  • Les députés Michèle Tabarot et David Habib recommandent de renforcer les coopérations industrielles, les achats communs d’armements et les capacités militaires européennes.  
  • Ils proposent également que la France assume, à terme, la dissuasion nucléaire sur le continent, en complément de l’initiative d’Emmanuel Macron.  
  • Cette ambition se heurte toutefois à d’importantes dépendances technologiques et opérationnelles, ainsi qu’aux réticences de plusieurs États membres attachés à la garantie américaine.  
  • Le rapport suggère d’inscrire cette orientation dans le prochain Livre blanc français sur la défense.