C’est un exercice très formel – et pas toujours très intéressant sur le fond comme sur la forme – mais, comme tous les rituels, il a son importance pour scander la vie politique d’une communauté – et incarner la fonction, comme nous le soulignions dans la matinale d’Europod . Le Discours sur l’Etat de l’Union (SOTEU) de la présidente von der Leyen le 16 septembre dernier à Strasbourg a été reçu de façon ambivalente, et souvent polarisée, dans les différents Etats membres et par les groupes du Parlement européen.
- Si la dimension géopolitique a été saluée globalement, sauf par l’extrême-droite, pour ses ambitions en matière de défense européenne, soutien à l’Ukraine, lutte contre les menaces hybrides, autonomie stratégique, ou coopération renforcée avec le Canada (ES 21/9/26), il a laissé sur leur faim la plupart d’entre eux.
- A gauche, les groupes ont reproché au discours de ne pas répondre suffisamment aux urgences sociales et climatiques.
- A droite, le PPE a exigé plus de “pragmatisme” au sujet du climat et de l’industrie automobile, défendant notamment une réforme « raisonnable » du système européen d’échange de quotas d’émission et la remise en cause de l’interdiction programmée des moteurs thermiques, au nom de l’innovation plutôt que des interdictions.
- Dans les États baltes, en Finlande et en Pologne, l’accent mis sur les drones, les cyberattaques et la sécurité du flanc oriental a rencontré des attentes directement liées à la menace russe.
- En Espagne, la solidarité exprimée envers Ceuta et le renforcement de Frontex ont également été favorablement accueillis.
- Cependant, l’enthousiasme est resté limité.
- La critique la plus récurrente, formulée en Allemagne, en Italie, en France et dans plusieurs pays d’Europe centrale, concerne l’écart entre l’ampleur des annonces et leur traduction opérationnelle.
- Les commentateurs ont déploré l’absence de calendriers, de financements et de mesures précises sur le pouvoir d’achat, l’énergie, l’industrie, le logement et la compétitivité.
- En Italie, le gouvernement a jugé le discours trop décevant sur l’industrie et l’énergie.
- En Allemagne, les milieux industriels ont regretté l’absence de réponses suffisamment concrètes pour l’automobile et l’emploi.