Mardi 22 septembre 2026 expirait le paquet de sanctions européen contre la Russie. Il fallait donc les renouveler – mais, ce qui aurait dû être routinier, en comportant quelques ajouts, a suscité des négociations de dernière minute en coulisses. La France fait part de ses inquiétudes à propos d’Alicher Ousmanov. En effet, Paris a signalé, assez tardivement dans les négociations, vouloir retirer l’oligarque minier et des télécoms de la liste des individus sous sanction, à cause de craintes pour la « sécurité nationale ». Le Luxembourg a profité de la trouée créée par la France pour s’engouffrer et rajouter le magnat banquier, Mikhail Fridman, du paquet de sanctions, invoquant la même crainte.
- Des informations obtenues par Politico indiqueraient que :
- pour la France, cela aurait trait à l’emprisonnement de citoyens français en Azerbaïdjan, (et à d’autres affaires moins claires) Paris utilisant alors les négociations du paquet de sanctions comme monnaie d’échange pour faire libérer ses ressortissants ;
- pour le Luxembourg, la raison est plus claire, Mikhail Fridman poursuit le pays aux fins d’accéder à ses actifs gelés au sein du grand-duché.
- Malgré le démenti de Paris sur ces rumeurs, un Français accusé d’espionnage par l’Azerbaïdjan a été gracié le lendemain de l’adoption du nouveau paquet de sanctions.
- Ces négociations de dernière minute ont failli faire dérailler la reconduction du paquet de sanctions contre Moscou.
- Malgré son opposition farouche, la Lettonie a fini par céder face aux deux capitales en décidant de s’abstenir sur le vote des sanctions, notamment en faisant pression sur Paris pour se rapprocher militairement de la France, et de son initiative de dissuasion nucléaire avancée.
- Sans surprise, la levée des sanctions sur ces deux oligarques a provoqué l’ire de Kiev, jugeant ces « concessions accordées aux proches de l’agresseur », décision « honteuse et totalement injustifiable », « suicidaire[s] et contre-productive[s] ».
- Le Ministre délégué chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a néanmoins salué un front uni et une forte volonté de continuer à augmenter la pression économique sur la Russie.
- La raison d’Etat l’a, ici, emporté.