Il faut encore donner de la substance au rapprochement UE-Canada, comme le souligne Agenda Publica. En revanche, c’est une excellente opération de trolling anti-Trump, qui permet à Ottawa comme à Bruxelles de reprendre l’initiative.
- Le président américain après le discours sur l’état de l’Union ne s’y est pas trompé en dénigrant le Canada, qualifié de piètre allié et partenaire commercial.
- D. Trump tourne en dérision le rapprochement à l’œuvre, mais s’il estime que cette dynamique lui est hostile, il n’hésitera pas à augmenter de nouveau ses tarifs douaniers sur l’Union européenne.
- Il n’exclut pas d’interrompre tout échange commercial sur certains produits.
- Enième rebondissement dans les vastes négociations douanières provoquées par le président américain, cette déclaration fait office de morne ritournelle.
- L’Union européenne, habituée à cela, avait conclu un accord commercial similaire avec le Mexique en mai dernier, en réduisant les taxes douanières sur l’automobile par exemple, afin de contourner le protectionnisme américain plus qu’agressif.
- Ici, rappelons-le, le futur « accord pour l’avenir » avec le Canada serait à un stade nettement plus poussé.
- Est-ce le début de cette alliance des puissances moyennes dont parlait déjà M. Carney à Davos en janvier (ES 7/4/26)?
- Le Canada s’est aussi joint à la proposition de sanction de la politique israélienne en Cisjordanie, avec 11 autres pays européens.
- La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a même estimé que l’Australie et la Nouvelle-Zélande pourraient suivre le Canada vers un futur statut de « membre associé » de l’UE, conçu comme une voie intermédiaire entre l’adhésion et le statut de candidat.
- Ce partenariat viserait notamment à approfondir les échanges commerciaux, l’accès aux matières premières critiques et la coopération réglementaire. Mais le cadre juridique et institutionnel reste à définir.
- L’idée intervient alors que l’UE cherche à renforcer ses liens avec des démocraties partageant ses valeurs.
- Si Wellington souligne qu’aucune discussion n’est engagée Canberra s’est montré ouvert à approfondir les relations et le ministre du commerce australien, Don Farrell, s’aligne sur le rapprochement UE-Canada, en affirmant qu’il est sur la même page, et qu’il compte suivre de près les négociations, afin de pouvoir s’inscrire dans cette démarche.
L’Union européenne pourrait bel et bien devenir américaine et océanique.