Si la Chine cherche une meilleure présence maritime, ce n’est pas qu’une histoire militaire – c’est une question de sécurité économique, en particulier énergétique. La pax americana de l’après-guerre garantissait la libre circulation sur les mers donc l’approvisionnement à bas coût – mais la remise en cause de la stabilité mondiale par les cahots trumpiens, et surtout par la guerre israélo-américaine sur l’Iran ont bouleversé cet ordre mondial – et renchéri le prix du baril.
- Pékin a cependant pu absorber une partie du choc grâce à ses stocks importants et à sa capacité de raffinage.
- Les raffineries chinoises ont traité 13,91 millions de barils par jour en août 2026, en hausse de 11,2% par rapport à juillet, alors même que les importations maritimes restaient fortement contraintes.
- Cette capacité à mobiliser ses réserves et à maintenir son activité de raffinage a permis à Pékin de limiter l’impact immédiat des perturbations sur son économie.
- La réaction chinoise ne s’est toutefois pas limitée à puiser dans ses réserves.
- Pékin a également cherché à diversifier ses approvisionnements afin de réduire sa dépendance aux flux provenant du Moyen-Orient.
- Le groupe public Sinopec a notamment accru ses achats de pétrole russe ESPO, avec 30 à 40 cargaisons prévues entre juillet et septembre 2026, tandis que les raffineurs chinois se sont tournés vers d’autres fournisseurs, notamment en Afrique, en Amérique latine et au Canada.
- Cette capacité à réorienter rapidement les flux constitue un élément important de la puissance chinoise : la dépendance aux routes maritimes reste forte, mais Pékin dispose de plusieurs leviers pour en amortir les perturbations.
- La Chine peut ainsi mobiliser ses stocks, adapter son activité de raffinage et se reporter vers d’autres producteurs lorsque certaines routes deviennent trop risquées ou difficiles d’accès.
- Cette stratégie a également eu des conséquences sur le marché mondial.
- Comme le souligne RTBF, la capacité de la Chine à puiser dans ses réserves et à adapter ses importations a contribué à limiter la pression sur les prix du pétrole.
- La puissance chinoise agit donc dans les deux sens :
- ses réserves et sa capacité de raffinage lui permettent d’amortir un choc pétrolier,
- tandis que son poids considérable dans la demande mondiale peut également modifier les équilibres entre producteurs et acheteurs.