La période d’août à septembre 2026 montre donc une Chine confrontée à un double enjeu. D’un côté, elle reste dépendante de la stabilité des routes maritimes internationales pour assurer ses approvisionnements énergétiques et maintenir ses échanges commerciaux ; de l’autre, elle dispose désormais de moyens économiques, diplomatiques et militaires qui lui permettent d’influencer davantage cette stabilité.
- La situation évolue depuis septembre, avec la multiplication des tensions autour de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb.
- Ces passages constituent des points de vulnérabilité majeurs pour le commerce et les approvisionnements énergétiques mondiaux.
- Dans ce contexte, l’Arabie saoudite s’est tournée vers Pékin pour obtenir de l’aide face aux attaques des Houthis contre ses infrastructures et ses intérêts énergétiques.
- Selon Reuters, la Chine a alors demandé à l’Iran d’utiliser son influence sur les Houthis afin de limiter leurs attaques et d’éviter une extension du conflit aux routes énergétiques dont Pékin dépend.
- Cette démarche montre bien le rôle que la Chine cherche à jouer : elle ne se contente plus de sécuriser ses propres approvisionnements, mais tente également d’agir sur les acteurs susceptibles de perturber les principales routes énergétiques mondiales.
- Sa relation avec l’Iran lui donne un levier particulier, les achats chinois ayant représenté plus de 80% des exportations iraniennes de pétrole par voie maritime en 2025, soit environ 1,4 million de barils par jour.
- Cette intervention illustre ainsi le lien entre la montée en puissance maritime de la Chine et son rôle croissant dans les équilibres énergétiques.
- La sécurisation des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb est devenue un enjeu direct pour Pékin.
- Non seulement parce qu’une partie importante de ses approvisionnements énergétiques transite par ces routes, mais également parce que toute perturbation du trafic maritime entraîne une hausse des coûts de transport et peut alimenter les prix du pétrole.
- En septembre, après les informations faisant état de l’intervention chinoise auprès de l’Iran, le Brent a ainsi reculé de 0,93 %, à 104,87 dollars le baril.
- Dans le même temps, la demande chinoise pour le pétrole russe ESPO a fortement augmenté, poussant son prix au-dessus de 120 dollars le baril dans un contexte de perturbation des approvisionnements moyen-orientaux.
- La Chine cherche à réduire sa vulnérabilité aux routes maritimes tout en accroissant sa capacité à peser sur leur sécurité.
- Elle pourrait ce faisant transformer la pax americana en pax sinica.