Personne n’a pu passer outre la déclaration d’Ursula von der Leyen lors du traditionnel discours sur l’état de l’Union le mercredi 16 septembre dernier, avec, fait inédit, un chef de gouvernement étranger comme invité d’honneur, Mark Carney. Cette séquence géopolitique a donc confirmé les rumeurs des semaines passées sur le rapprochement qu’a opéré le Premier ministre canadien avec l’Union européenne, via de nombreux entretiens bilatéraux avec divers chefs de gouvernement européens.
- Le Canada, ne pouvant devenir un Etat membre de l’Union européenne (car n’étant bien évidemment pas situé en Europe, et donc ne tombant pas sous le coup de l’article 49 du Traité sur l’Union européenne), pourrait ainsi devenir le premier « membre associé » de l’histoire de l’Union.
- Ironie du sort, ce statut de membre associé avait été envisagé, en son temps, pour consoler la Turquie de la porte que le président français et la chancelière allemande venaient de lui claquer sur les doigts en 2007, alors même que les négociations d’adhésion avaient commencé.
- Cette création ad hoc représenterait une nouvelle forme de partenariat, inédite par sa profondeur, entre l’Union européenne et un pays tiers.
- Rapprochement clair en fonction d’intérêts communs, dans un contexte de fortes tensions entre les Etats-Unis et l’ensemble de ses alliés, cette nouvelle étape reste cependant floue.
- La présidente de la Commission n’a rien détaillé, et Mark Carney a tempéré les attentes le lendemain lors de son discours (traduit et publié par Le Grand Continent) devant le Parlement européen.
- Il a reçu les bonnes intentions européennes tout en détaillant certains secteurs prioritaires de rapprochement économique avec l’Union européenne, dont notamment les terres rares, la défense, l’IA, ou encore la souveraineté énergétique.
- Il a également rappelé le fort soutien populaire d’un rapprochement avec l’Union européenne, perçu comme clef pour la survie du Canada (4 canadiens sur 5 veulent un rapprochement important avec l’UE, et jusqu’à la moitié envisagerait même une adhésion).
- Il a enfin confirmé qu’il ne voulait pas créer un troisième bloc de puissance, mais simplement préserver la souveraineté économique du pays, secoué par une nouvelle guerre tarifaire initiée en juillet dernier par Washington.