La course à la compétitivité et les nouveaux équilibres politiques ont fait de la dérégulation un grand open-bar pour le démantèlement des règles de précaution environnementales.
- Or, comme le résume une infographie du site Contexte, la multiplication des règles européennes encadrant les procédures de permis pour les projets industriels pourrait bien compliquer encore les choses.
- Alors que la Commission veut accélérer et simplifier ces autorisations, dix textes européens adoptés ou en négociation contiennent déjà des dispositions sur les permis :
- environnement, industrie, biotechnologies, réseaux électriques, infrastructures énergétiques, médicaments ou matières premières critiques, technologies propres, semi-conducteurs et énergies renouvelables.
- Cette superposition crée un « millefeuille » réglementaire dénoncé par les États membres et les eurodéputés.
- Contexte souligne ainsi un paradoxe : la volonté de simplification de Bruxelles risque de produire davantage de règles différentes et de complexifier les procédures.
- La crise agricole semble servir de levier pour une demande de recul des politiques de protection environnementale.
- Comme le montre une enquête du Guardian, fondée sur des documents internes de Copa-Cogeca obtenus avec GRILLED, on comprend la poursuite d’une stratégie de lobbying ayant contribué à affaiblir plusieurs réformes agricoles et environnementales européennes.
- En coulisses, le lobby agricole européen Copa-Cogeca, le plus grand syndicat et groupe de pression agricole en Europe, et le fabricant CropLife qui regroupe les plus grands fabricants mondiaux de produits agrochimiques (pesticides) et de semences OGM (comme Bayer), ont accueilli cet été un briefing à huis clos, le « Farmers’ Toolbox ».
- L’objectif serait d’obtenir une « reconnaissance mutuelle » des pesticides, c’est-à-dire empêcher toute restriction nationale.
- L’organisation, qui affirme représenter 22 millions d’agriculteurs, aurait notamment cherché à retarder puis faire abandonner le projet visant à réduire de moitié l’usage des pesticides.
- Ses méthodes auraient inclus des demandes d’études d’impact, la mobilisation des gouvernements nationaux, la production d’études économiques et une pression sur les eurodéputés et la Commission.
- L’enquête évoque également son action sur le glyphosate, les néonicotinoïdes, les élevages industriels, la viande, les cages et le statut du loup.