PAX OMNIBUS 

PAX OMNIBUS 

La guerre de l’IA percute l’UE au moment où celle-ci s’efforce de consolider son rôle de puissance normative dans le numérique (ES 4/5/26). Un débat de fond traverse désormais les institutions : jusqu’où la simplification réglementaire peut-elle aller sans remettre en cause les garanties construites au cours des précieuses dernières années en matière de droits numériques fondamentaux, de concurrence et de gouvernance des plateformes ? 

  • L’actualité récente met en lumière une tension croissante entre deux ambitions parfois contradictoires.  
  • D’un côté, la volonté affichée de renforcer la compétitivité européenne dans un contexte de rivalité technologique mondiale.  
  • De l’autre, la préservation de l’architecture réglementaire élaborée depuis plusieurs années autour du Digital Services Act (DSA), du Digital Markets Act (DMA), de l’AI Act ou encore des règles relatives à la protection des données. 
  • La Commission européenne a engagé une réflexion visant à simplifier certaines obligations réglementaires pesant sur les entreprises du secteur numérique.  
  • Présentée comme un instrument destiné à réduire les coûts administratifs et à favoriser l’innovation, cette démarche s’inscrit dans la logique plus large des différents paquets « Omnibus » développés depuis le début de la nouvelle mandature européenne – et leur cortège de critiques (ES 15/12/25). 
  1. Naturellement, plusieurs observateurs contestent les fondements empiriques de cette stratégie.  
  1. Selon une enquête publiée par EUobserver, des critiques ont accusé la Commission d’avoir sélectionné de manière partielle certaines données relatives aux charges réglementaires afin de justifier son programme de dérégulation. 
  • Certains éléments statistiques auraient été privilégiés au détriment d’une analyse plus complète des bénéfices économiques et sociétaux des réglementations existantes. 
  1. Les interrogations sont particulièrement fortes dans le domaine de la santé numérique.  
  1. Ceux-ci craignent qu’une réduction excessive des obligations réglementaires n’affecte la sécurité des systèmes numériques de santé ou la protection des données sensibles des patients. 
  1. Cette préoccupation est également relayée au niveau national.  
  1. En France, une résolution portée au Sénat a explicitement mis en garde contre un affaiblissement des garanties numériques acquises ces dernières années.  
  1. Les sénateurs soulignent que les textes européens récemment adoptés constituent l’aboutissement de longues négociations visant à protéger les citoyens face aux risques liés aux plateformes numériques, à la désinformation ou à l’exploitation des données personnelles.  
  1. Selon cette analyse, une logique de simplification ne saurait conduire à une remise en cause indirecte des objectifs poursuivis par ces instruments normatifs.