La réflexion de Ribera semble marquée par le réalisme en matière de politique écologique, conforme à ce que préconisent certains experts. Dans une réflexion pour le Grand Continent, Emmanuel Guérin propose une relecture géopolitique de la transition énergétique. Il affirme que la décarbonation ne constitue pas une pacification du monde, mais au contraire une reconfiguration des rapports de puissance dans un contexte de rivalité accrue et de fragmentation géopolitique.
- La transition crée une nouvelle géoéconomie fondée sur les chaînes de valeur, les minerais critiques, les capacités industrielles et les normes, où les points de passage intermédiaires (raffinage, transformation, finance, assurance) deviennent des leviers stratégiques.
- La Chine a pris une avance décisive grâce à une stratégie intégrée (ES 15/7/24, entre autres), tandis que les États-Unis adoptent une posture instable et l’Europe reste incomplète mais potentiellement puissante.
- Les chaînes de valeur deviennent des instruments de coercition, rendant la transition à la fois plus conflictuelle et plus coûteuse.
- L’écologie devient ainsi une dimension centrale de la puissance.
- E. Guérin défend ainsi une approche réaliste :
- organiser une compétition maîtrisée à court terme, construire des rapports de force à moyen terme et reconstruire une coopération internationale conditionnelle à long terme.
- La transition énergétique est décrite comme un champ de bataille géopolitique total, où réalisme stratégique et ambition climatique doivent être combinés.