STRATEGISTE 

Comment la politique de concurrence peut-elle devenir un outil central de la transition écologique ? Selon certains experts, le droit de la concurrence n’est pas seulement économique, mais aussi climatique, car il influence fortement les comportements des entreprises.  

  • Simon Holmes, par exemple, propose deux usages complémentaires.  
  • D’une part, une approche active (par l’épée) qui permet de sanctionner ou prévenir les pratiques nuisibles à l’environnement :  
  • ententes sur les normes environnementales, abus de position dominante (pollution, externalités non prises en compte), ou fusions qui renforcent des acteurs moins durables au détriment d’innovations vertes.  
  • D’autre part, une approche défensive (un bouclier) qui consiste à autoriser et encadrer les coopérations entre entreprises nécessaires à la transition écologique, comme la réduction collective des émissions ou le développement de chaînes d’approvisionnement durables. 
  • Les limites du cadre actuel, souvent trop restrictif pour les collaborations vertes, plaident pour des lignes directrices plus claires.  
  • L’UE pourrait ainsi intégrer pleinement la biodiversité et à mieux utiliser ces outils dans la lutte climatique globale. 

 

  • En fusionnant les portefeuilles du Green Deal et de la Concurrence, et en les confiant à Teresa Ribera (ES 9/9/22), la nouvelle Commission von der Leyen semblait tenter de développer cette logique (ES 24/11/24).  
  • Ainsi, en avril 2026, la Commissaire européenne à la concurrence, expliquait à The Economist la nouvelle approche de Bruxelles concernant les fusions d’entreprises.  
  • Son objectif est de trouver un équilibre entre deux impératifs :  
  • permettre aux entreprises européennes d’atteindre une taille suffisante pour rivaliser avec les géants américains et chinois, tout en préservant une concurrence effective au sein du marché unique. 

 

  • Les nouvelles lignes directrices accorderont davantage de poids à l’innovation, à l’investissement, à la résilience économique, à la sécurité des approvisionnements et à la compétitivité mondiale, plutôt qu’aux seuls effets de court terme sur les prix. 
  • Selon elle, la mission fondamentale de la politique de concurrence reste inchangée : empêcher les abus de pouvoir de marché et protéger les consommateurs.  
  • Les fusions ne seront favorisées que lorsqu’elles démontreront des bénéfices économiques réels et vérifiables, selon Bloomberg 
  • En résumé, la Commissaire plaide pour une politique de concurrence plus stratégique et adaptée au contexte géopolitique actuel, mais sans sacrifier les principes qui ont fait la force du marché unique européen.  
  • Elle insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de créer artificiellement des « champions européens » ni de tolérer des positions dominantes.  
  • La concurrence demeure le principe central.  
  • Elle souligne enfin que la compétitivité européenne dépend aussi d’une meilleure intégration du marché unique, des marchés de capitaux, de l’énergie et des télécommunications.  
  • La réforme des règles de fusion est donc un outil important, mais insuffisant à elle seule pour renforcer l’économie européenne.