Pendant que les stratèges se disputent des moyens de sortir du piège économique chinois, un approfondissement du débat s’impose sur la place de la Chine dans la stratégie économique et sécuritaire de l’Europe, de plus en plus perçue comme un concurrent systémique dont la montée en puissance remet en cause les équilibres industriels du continent. 

  • C’est dans ce contexte qu’en mars 2026 la Chine a dévoilé son 15ᵉ plan quinquennal pour la période 2026-2030, qui marque, selon l’analyse rendue par le Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan, une nouvelle étape dans sa stratégie de puissance. 
  • Ce même Haut-Commissariat avait déjà publié, en février 2026, un rapport plus large sur la montée en puissance chinoise, dont le constat est particulièrement net :  
  • cette dynamique est systémique et repose sur des capacités industrielles massives, des subventions publiques importantes et un différentiel de coûts estimé entre 30 et 40 % à qualité comparable (ES 2/3/26). 
  • Ce phénomène est déjà observable dans plusieurs secteurs, notamment le solaire, où la Chine a profondément restructuré les équilibres mondiaux (ES 28/4/24 et 15/7/24 . 
  • Le nouveau plan chinois consacre une priorité importante à la modernisation industrielle, à l’innovation, à l’autonomie technologique et à la sécurité économique, tandis que les dimensions sociales, environnementales ou de rééquilibrage vers la consommation intérieure apparaissent davantage comme des leviers au service de cette ambition globale. 
  • L’objectif n’est plus seulement de soutenir la croissance, mais de positionner la Chine comme première puissance industrielle, technologique et normative mondiale. 

 

  • Trois axes structurent particulièrement cette stratégie : 
  • Le renforcement du leadership industriel par la modernisation de l’ensemble de l’appareil productif, y compris dans les secteurs traditionnels et les technologies vertes ; 
  • La réduction des dépendances technologiques, notamment dans les semi-conducteurs, les logiciels, les machines-outils et les matériaux avancés ; 
  • La préparation de positions dominantes dans les technologies de demain, de l’intelligence artificielle à la robotique, en passant par la 6G, les technologies quantiques, les interfaces cerveau-machine ou encore la biofabrication. 
  • L’analyse du Haut-Commissariat souligne d’ailleurs que près de 90 % des priorités implicites du plan relèvent désormais de la puissance productive et de la souveraineté économique, contre environ 80 % dans le plan précédent, confirmant une intensification de cette orientation stratégique.