Nul autre dossier géopolitique et économique que la Chine n’illustre à ce point pour l’UE le passage de la complaisance à la panique. Après avoir rêvé d’Eldorado de la croissance qui servirait de levier éventuel à un basculement de régime vers la démocratie libérale des classes moyennes, l’UE et ses décideurs économiques et politiques ont dû se rendre à l’évidence : les joint-venture et autres partenariats ont finalement servi à la Chine de levier d’émancipation de la dépendance technologique et le rapport de force économique et géopolitique est aujourd’hui totalement renversé (ES 2/3/26). 

  • À Bruxelles, le changement de ton semble enfin s’opérer vis-à-vis de Pékin.  
  • Alors que la Commission européenne prépare un “débat stratégique sur les relations entre l’Union européenne et la Chine”, de plus en plus de responsables européens estiment que la situation commerciale actuelle n’est plus soutenable. 
  • Le déficit commercial de l’Union avec la Chine a atteint près de 360 milliards d’euros en 2025, et les inquiétudes grandissent face aux surcapacités industrielles chinoises, aux dépendances stratégiques européennes et à la pression croissante exercée sur l’industrie du continent. 
  • Après plusieurs années de réponses ciblées (droits de douane sur les véhicules électriques chinois, mesures de protection de l’acier ou préférence européenne dans certains marchés publics), la Commission semble désormais envisager une approche plus globale et plus ferme, avec de nouvelles propositions attendues dans les prochains mois, afin de renforcer les instruments de défense commerciale existants, voire d’en créer de nouveaux. 
  • Cette évolution est soutenue par plusieurs États membres, dont la France, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas et la Lituanie (un Etat membre pionnier dans la remise en cause du statu quo – ES 2/2/22) , qui appellent à un durcissement de la politique commerciale européenne. 
  • Toutefois,  comme le note Contexte, l’Union reste divisée, notamment avec une Allemagne prudente en raison de ses intérêts économiques en Chine et du risque de représailles commerciales. 
  • Pékin est d’ailleurs souvent accusé de tirer parti de ces divergences pour empêcher l’émergence d’une position européenne unifiée. 

 

  • Cette question devrait également s’inviter au sommet du Sommet du G7 2026, où la France souhaite placer au cœur des discussions les surcapacités industrielles chinoises afin de coordonner une réponse des grandes économies avancées face à une stratégie fondée sur une production massive et des exportations croissantes dans des secteurs stratégiques comme l’automobile électrique, les batteries ou les technologies vertes. 
  • Ce rendez-vous servira de prélude au Conseil européen de juin 2026, au cours duquel de nouvelles orientations pourraient être examinées.