La guerre menée au Liban par Israël qui a envahi le pays, pour “combattre le Hezbollah”, et en occupe le sud, continue de faire rage, bombardant le sud du pays et détruisant infrastructures civiles et religieuses, sans distinction, ni retenue. Cependant, des négociations sont en cours et les prochaines se tiendront le 14 et 15 mai prochain à Washington. Mais jusqu’ici tout semble sans issue : la trêve déclarée par la Maison Blanche n’est pas respectée dans le sud du pays, et des dissensions politiques internes au Liban ralentissent les avancées.
- Comme l’explique dans Le Monde, le grand spécialiste du Moyen Orient, le professeur JP Filiu, l’absence de sanctions internationales face aux opérations israéliennes à Gaza nourrit un sentiment d’impunité favorisant l’extension de pratiques militaires destructrices au Liban.
- Cantonnée aux rangs de spectateur, avec ses Etats membres concernés comme la France ouvertement écartés par Israel, que peut faire l’Union européenne ?
- Comment réussir à influencer ces dynamiques géopolitiques si particulières, propres à une région où seuls les États-Unis peuvent encore s’imposer ?
- A Bruxelles, on n’a visiblement pas trouvé la réponse (ES 20/10/24).
- Divisée sur sa politique dans la région (ES 15/10/23), comme l’ont illustré la cacophonie et les silences depuis le 7 octobre 2023 (ES 22/9/25), l’UE refuse de se prononcer clairement.
- Son soutien affiché au respect du droit international et du droit humanitaire est contredit par le maintien de ses accords avec l’Etat hébreu.
- En effet, malgré une initiative citoyenne européenne qui dépasse le million de signatures dans au moins sept Etats membres dès le 14 avril dernier, soit le seuil nécessaire pour que la Commission puisse examiner le texte, l’Union européenne est rétive à sanctionner Israël.
- Comme le rappellent certains, la discussion porte sur la légalité et la portée de la révision :
- peut-on juridiquement remettre en cause ou suspendre un accord d’association en cas de violations présumées du droit international ?
- La discussion porte aussi sur l’efficacité du levier européen :
- la question est de savoir si cet accord commercial est réellement un outil de pression sur Israël ou s’il reste surtout symbolique face à la guerre à Gaza et aux blocages diplomatiques.
- Aucun vote n’a été convoqué, quelques initiatives éparses au sein des parlements nationaux sont observables, mais aucune dynamique commune.
- La position européenne apparaît donc clairement comme inaudible, perdue dans une cacophonie incohérente, soucieuse de protéger les civils, mais ne voulant pas agir pour le faire.