BLACK MIRROR

Le livre de Shoshana Zuboff, L’âge du capitalisme de surveillance semblait ne concerner que ces contrées lointaines où règnent crédit social et partis uniques. Mais les menaces sur les libertés fondamentales concernent tous les régimes. La question devient épineuse lorsque la surveillance en ligne invoque de grandes causes moralement indiscutables. Cela est tout particulièrement le cas avec la commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson, qui défend un nouveau texte appelé “règlement CSA”.

  • Cette potentielle législation européenne permettrait la surveillance de toutes les communications en ligne afin de détecter la distribution de matériel pédopornographique.
    • Ce règlement ne s’appliquerait pas uniquement aux auteurs présumés d’infractions, mais à toutes les personnes physiques présentes et en ligne sur le territoire de l’Union.
      • Quel que soit leur âge d’ailleurs.
    • L’idée est d’utiliser l’intelligence artificielle pour analyser les communications en ligne.
      • Ceci, afin d’y déceler des modèles de langage associés à ce que l’on nomme le « grooming » la manipulation de mineurs à des fins sexuelles.

  • Une telle surveillance de toutes les communications en ligne peut être considérée comme une atteinte majeure à la vie privée.
    • Elle affecterait la vie privée de 447 millions de citoyens européens, ce que dénoncent des organisations de la société civile comme l’EDRI.
    • Certains craignent même que le projet CSA ne soit préjudiciable aux enfants mêmes, alors qu’il est censé les protéger.
      • Les députés européens ont opposé à la commissaire la mise en garde des Nations unies et de l’UNICEF quant à une surveillance généralisée des jeunes.
      • Le Contrôleur européen de la protection des données s’inquiète de cette généralisation.
      • Il soulève le fait que nous disposons de peu de preuves de son efficacité pour mettre un terme à la distribution de matériel pédopornographique.