RISK 3D

En février 2022, le Conseil de l’UE, réuni à Bruxelles a discuté de l’extension du concept de « Coordinated Maritime Presences » au nord-ouest de l’océan Indien, outil permettant de renforcer la sécurité maritime en promouvant la sensibilisation, l’analyse et l’information partagées entre États membres dans les espaces maritimes. Cinzia Bianco et Matteo Moretti reviennent sur le rôle que joue l’UE dans la sécurité maritime du Golfe.

  • Le Conseil a conclu que l’Union devait renforcer la coordination, et la coopération en matière de sécurité maritime, et considérer la présente région comme une « zone d’intérêt maritime » (IAM) présentant un intérêt stratégique majeur pour l’UE.
    • En particulier, la coopération doit passer par un renforcement de la mission EMASOH, lancée en 2020 pour promouvoir une désescalade dans le Golfe, et assurer la liberté de navigation dans les mers près du détroit d’Ormuz.
    • Cette décision constitue une prise de conscience, par les Européens, du fait qu’ils ne pourront pas toujours compter sur les États-Unis.

  • Si cette décision ne signifie pas que les États-Unis vont quitter la région, il signifie que le pays veut repenser son implication, notamment du fait des intérêts changeants à l’étranger, et de sa volonté de mettre fin à la dépendance américaine des approvisionnements énergétiques du Moyen-Orient.
    • Dans le cas inverse, du fait du conflit en Ukraine, l’UE cherche à renforcer ses liens avec des fournisseurs énergétiques dans le Moyen-Orient.
    • En ce sens, le véritable gain pour l’Europe est de sécuriser un partenariat énergétique avec les monarchies du Golfe, rendant possible une augmentation réelle des sources d’approvisionnement de l’Union.
    • L’article précise que cet espace maritime dispose d’une importance stratégique majeure, en particulier sur le plan économique.
      • 10% du commerce mondial passe par le détroit d’Ormuz, de Bab el Mandeb, ainsi que le canal de Suez.
      • Certains ports des États du Conseil de coopération du Golfe constituent des nœuds clés permettant la connectivité économique entre l’Afrique, l’Asie et l’Europe.

En parallèle de ce déploiement géostratégique, Nina Wilén, directrice du programme Afrique à l’Institut Egmont revient sur les leçons à tirer de la présence militaire au Sahel de l’UE, depuis mars 2022.

  • Cette unité de forces spéciales intervenait aux côtés de l’armée française au Mali, qui était déployée depuis 2014.
    • Après le retrait de ces dernières après l’annonce d’Emmanuel Macron le 17 février dernier, la question de pose sur l’avenir de la présente force européenne sur le terrain.
    • Cette interrogation est d’autant plus forte que l’EUTM a pris la décision récente d’arrêter ses activités de formation au Mali.
  • L’analyse précise qu’il est difficile d’évaluer les opérations et les résultats de la force européenne, notamment pour juger de l’augmentation des capacités des forces maliennes.
    • Ces opérations se déroulent dans un contexte politique et sécuritaire qui ne cesse de se dégrader.
    • Les attaques djihadistes se multiplient. En outre, ce théâtre d’opération pour les mercenaires du groupe Wagner a peu à peu évolué en laboratoire du pire en termes de manipulation des opinions publiques.

Mers, déserts et espace extra-atmosphérique et cyber, rien n’arrête l’inventivité quand il s’agit de nuisances. Le 10 mai 2022, l’Union européenne, le Royaume-Uni et les États-Unis ont accusé les autorités russes de mener une cyberattaque à l’encontre d’un satellite européen.

  • De manière surprenante, le réseau internet du satellite Ka-Sat, d’entreprises européennes et américaines, est tombé en panne le soir de l’invasion russe de l’Ukraine, soit le 24 février.
    • Dans ce cadre, Moscou est rapidement devenu le premier suspect : d’autant que que le satellite en question est utilisé pour les communications de l’armée ukrainienne, rappelle Numerama.
  • Selon Science Post, « tout semble clair » : l’armée russe a tenté de semer le trouble juste avant de lancer ses premières offensives.
    • La cyberattaque a malheureusement rendu le matériel informatique défectueux, ce qui peut mettre en péril la sécurité des citoyens européens.
    • En effet, le réseau Ka-Sat est le premier satellite européen, qui consacre l’accès à Internet par satellite pour le continent.
  • Craignant que la Russie ne multiplie les incidents de ce type, les pays de l’UE intiment à Moscou d’arrêter et envisagent de nouvelles mesures visant à « prévenir, décourager, réagir à de tels comportements malveillants dans le cyberespace », comme le précise l’Usine Digitale.