MC CLASH 

Le 10 juin 2026, la Commission européenne a confirmé avoir reçu une demande de révision du plan de relance post-Covid-19 de la Hongrie. Ce dernier détaille les réformes et les investissements que ce pays entend réaliser d’ici fin août, en vue de bénéficier du déblocage de fonds européens. 

  • A cette occasion elle annonçait le déblocage de plus de 16 milliards d’euros de fonds destinés au pays, sous condition de réformes. « Nous nous sommes mis d’accord sur un cadre solide visant à garantir que la Hongrie s’attaque aux problèmes liés à la corruption et à l’Etat de droit ». 
  • Pour Dávid Vig, directeur d’Amnesty International Hongrie : « Après 16 ans d’un gouvernement déterminé à ignorer les droits humains et à démanteler l’état de droit, la majorité de la population hongroise a voté en faveur du changement. Cela représente une occasion historique pour la Hongrie d’inverser la tendance de recul en matière de droits humains qui a marqué le pays et de revenir sur une voie où les droits humains sont au cœur de toutes les politiques gouvernementales. » 
  • En effet, au-delà des montants gelés, il s’agit essentiellement d’une liste de réformes et d’investissements qui doivent être adoptés par le Parlement. 
  • « C’est sur cette liste que nous nous sommes entendus, pas sur le déboursement des fonds », insiste un haut fonctionnaire européen auprès du Monde. 
  • D’abord, il n’est pas question de “chèque en blanc à Magyar”, comme le souhaitait Eric Maurice pour EUObserver 
  • Les engagements sont annoncés clairement et attendent d’être suivis des actes.  
  • A priori, pas de favoritisme pour le nouveau Premier ministre affilié au PPE, comme la présidente de la Commission. 
  • La priorité sera donnée à des mesures démontrant l’engagement du nouveau gouvernement, en particulier son adhésion au Parquet européen (EPPO).  
  • Comme nous l’expliquions (ES 15.06.26, cet instrument permet d’enquêter sur les détournements de fonds européens et d’engager des sanctions. 
  • Le Mathias Corvinus Collegium (MCC) – à la fois un think tank établissement d’enseignement privé hongrois créé en 1996, à Budapest – étroitement lié à son parti Fidesz, a bénéficié d’un transfert massif d’actifs publics.  
  • Ce financement aurait permis le lancement, en novembre 2022,  du MCC Brussels qui organise de somptueux événements avec Nigel Farage, ou l’eurodéputé de l’AfD Alexander Jungbluth. 
  • 6,37 millions d’euros de financement annuel en 2024 selon P. Magyar, ce qui en faisait l’un des think tanks les mieux financés de la capitale européenne.  
  • Le MCC fait maintenant face à une crise de trésorerie urgente à la suite de l’éviction politique de Viktor Orbán 
  • Toujours selon The Guardian, Petros Fassoulas, secrétaire général du Mouvement européen international, les productions et actions du MCC ont contribué à « un climat, une ambiance, une impression » défavorable aux ONG en général.  
  • D’abord parce que les budgets ne permettent pas de contrer les moyens mis en œuvre par le Fidesz – pro-russe, illibéral, anti-progrssiste – au travers de son MCC. 
  • Ensuite, en attisant la grogne des populations en souffrance, les agriculteurs en particulier. 
  • A ce jour, le changement de gouvernement n’est pas le seul problème de MCC Brussels.  
  • En mai, il est suspendu du registre de transparence de l’UE. 
  • L’inscription sur ce registre officiel des groupes d’intérêt est nécessaire pour qu’une organisation puisse rencontrer des hauts responsables européens. 
  • Cette décision soulève des questions quant à sa crédibilité et surtout, quant aux accusations d’agence de couverture de corruption. 

Détricoter la système Orban – de Budapest à Bruxelles – sera probablement long, pénible et semé d’embuches.