Alors que l’UE et ses Etats membres découvrent les difficultés de la mise en place d’une “politique industrielle” à l’échelle européenne, la question sur le coût réel de la décarbonation ne semble toujours pas tranchée. Entre le court-termisme des horizons politiques et la nécessité d’une transformation à long terme, les gouvernements semblent hésiter à sacrifier demain pour aujourd’hui.
- Pourtant, pas moins de douze conseils scientifiques européens alertent sur les risques d’un affaiblissement du système d’échange de quotas d’émission (ETS) de l’UE.
- Alors que plusieurs États membres, dont la Pologne et l’Italie, demandent des assouplissements ou des retards dans l’extension du marché carbone aux bâtiments et aux transports, ces experts estiment qu’un tel recul augmenterait les coûts économiques à long terme.
- Selon eux, réduire la portée du système ou retarder ses réformes, comme cela est discuté actuellement dans les institutions (ES 14/4/25) prolongerait la dépendance de l’Europe aux énergies fossiles, renforcerait la vulnérabilité aux crises énergétiques et nuirait à la compétitivité industrielle. Ils appellent les institutions européennes à maintenir une trajectoire ambitieuse de tarification du carbone.
- Pourtant, les perspectives industrielles sont réelles, comme le rappelle le site Connaissance des Energies : selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le marché des voitures électriques a poursuivi sa forte croissance en 2025, avec plus de 20 millions de véhicules vendus dans le monde, soit environ un quart des ventes mondiales de voitures neuves.
- L’Europe et la Chine restent les principaux moteurs de cette dynamique, tandis que les États-Unis accusent un retard relatif.
- L’AIE observe toutefois un début d’année 2026 contrasté, marqué par un recul global des ventes d’environ 8 % au premier trimestre, principalement lié à des changements de politiques publiques en Chine et aux États-Unis.
- Cette baisse masque néanmoins des hausses importantes en Europe et dans plusieurs marchés émergents.
- L’agence prévoit environ 23 millions de ventes sur l’ensemble de 2026 et souligne que la transition reste portée par la baisse des coûts des batteries, l’extension des infrastructures de recharge et les politiques climatiques, malgré des incertitudes réglementaires.
- Devant les échecs répétés des “stratégies européennes” de gigabatteries (cf. supra) il est peut-être temps de changer la méthode pour offrir une chance aux industries européennes face à la puissance chinoise.