Dans la nuit du 23 au 24 mai 2026, Kiev a subi le plus important bombardement depuis le début de la guerre en Ukraine. La Russie a également lancé un missile balistique hypersonique Oreshnik, capable de transporter des ogives nucléaires.
- C’est une tendance répétée depuis le début de la guerre ; la Russie escalade l’intensité du conflit à chaque déconvenue diplomatique :
- d’abord en 2024, après l’accord américain de frappes ukrainiennes dans le territoire russe, puis début 2026, après une vague d’attaques de drones ukrainiens particulièrement fructueuse (ES 12/1/26).
- Cette fois-ci, c’est consécutivement au défilé militaire miniature du Kremlin, le 9 mai, et à l’apparente vulnérabilité grandissante de la Russie que V. Poutine aurait ordonné ces frappes de la terreur, menaçant explicitement les ressortissants étrangers habitant Kiev.
- Cette dernière attaque massive ne changera pas le cours du conflit, mais rappelle douloureusement à l’Ukraine et ses alliés européens que les stocks de défense antiaérienne s’épuisent plus vite qu’ils ne se remplissent – notamment ceux des missiles Patriot américains, dont l’approvisionnement a cessé pour cause de énième “guerre du Golfe”.
- Les défenses aériennes des deux pays sont complètement saturées, mais ont la pertinence de remettre à l’ordre du jour l’existence de ce conflit qui menace l’Europe entière.
- En effet, ce n’est pas que l’Ukraine qui a été touchée par ces récentes attaques russes, faites à coup de drones iraniens Shahed importés ou contre-façonnés par la Russie :
- l’oblast d’Odessa, à la frontière roumaine, était visé, et un drone russe s’est écrasé au-delà de la frontière, dans un quartier résidentiel roumain.
- Une situation qui n’est pas sans rappeler les drones russes abattus par la Pologne au-dessus de son territoire en septembre 2025 (ES 6/10/25), entraînant l’enclenchement par Varsovie de l’article 4 de l’OTAN (un appel à se réunir pour examiner la situation).
- La Roumanie pourrait bien elle aussi mobiliser le traité otanien, et rappeler aux Américains qu’ils font encore partie de l’alliance, alors que la dérive autoritaire de D. Trump le rapproche toujours plus de V. Poutine.