SKYFALL 

L’Ukraine n’est pas la seule visée, malgré ce que ces deux incidents laisseraient penser : les attaques hybrides (ingérence, cyberattaques…) sur le territoire européen se poursuivent, et les pays Baltes subissent des incursions répétées de leur espace aérien, condamnées par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. 

  • Le front ukrainien tient pourtant bon, et l’Ukraine, après plus de quatre ans de remarquable résistance à l’envahisseur russe, a acquis une précieuse expertise et capacité d’innover qu’elle peut maintenant monnayer :  
  • ingénieux et acculés, les Ukrainiens ont développé des systèmes anti-drones –tels que le Sky Sentinel– considérablement moins coûteux que le système Patriot américain, et fait maison.  
  • Ce dimanche 31 mai 2026, Volodymyr Zelensky déclare que les forces ukrainiennes ont frappé dans la nuit une raffinerie de pétrole dans l’oblast russe de Saratov, à environ 700 kilomètres de la ligne de front.  
  • V. Zelensky a précisé que les forces ukrainiennes menaient des missions de longue portée conformément aux « priorités approuvées » du plan ukrainien de « sanctions à longue portée ». 

 

  • L’Ukraine prouve sa valeur ajoutée dans la future union de la défense proposée par le Commissaire européen Andrius Kubilius.  
  • Le Commissaire européen à la défense et à l’espace voit plus grand que l’instrument d’achats communs de systèmes de défense, SAFE, ouvert à d’autres pays que les Etats-membres (le Canada, le Royaume-Uni, la Norvège, sans compter l’Ukraine).  
  • Mais A. Kubilius, en bon exécutif européen, envisage une armée européenne dotée de ses propres réserves de munitions, d’un État-major européen moins décoratif que l’actuel, et surtout, d’une force capable de se substituer à l’OTAN, alliance remise en cause par l’inconstance des présidents américains passés et surtout les menaces de l’actuel.  
  • Et si A. Kubilius doit encore convaincre les Etats européens de la faisabilité d’une union de la défense, l’Europe est déjà convaincue de la pertinence d’un tel projet.  
  • Reste à dresser une feuille de route consensuelle pour dépenser intelligemment les centaines de milliards dont se dote l’UE et ses Etats membres depuis plus de deux ans maintenant pour assurer sa sécurité sans les Etats-Unis.  
  • L’OTAN n’est pas complètement en état de “mort cérébrale” comme l’ironisait E. Macron il y a maintenant 7 ans, (ES 3/3/22), mais l’autonomie stratégique européenne s’organise pour ne plus en dépendre.