L’Ukraine n’est pas la seule visée, malgré ce que ces deux incidents laisseraient penser : les attaques hybrides (ingérence, cyberattaques…) sur le territoire européen se poursuivent, et les pays Baltes subissent des incursions répétées de leur espace aérien, condamnées par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
- Le front ukrainien tient pourtant bon, et l’Ukraine, après plus de quatre ans de remarquable résistance à l’envahisseur russe, a acquis une précieuse expertise et capacité d’innover qu’elle peut maintenant monnayer :
- ingénieux et acculés, les Ukrainiens ont développé des systèmes anti-drones –tels que le Sky Sentinel– considérablement moins coûteux que le système Patriot américain, et fait maison.
- Ce dimanche 31 mai 2026, Volodymyr Zelensky déclare que les forces ukrainiennes ont frappé dans la nuit une raffinerie de pétrole dans l’oblast russe de Saratov, à environ 700 kilomètres de la ligne de front.
- V. Zelensky a précisé que les forces ukrainiennes menaient des missions de longue portée conformément aux « priorités approuvées » du plan ukrainien de « sanctions à longue portée ».
- Des cibles ont été atteintes à des distances comprises entre 300 et 1 200 kilomètres de la frontière ukrainienne.
- Un savoir-faire et une capacité de production (ES 25.06.26) qui a poussé les pays du Golfe, également assaillis par les drones Shahed iraniens, à conclure des accords d’achats d’armes auprès de l’Ukraine.
- Un atout dans la manche de l’Ukraine, qui cherche toujours à faire progresser son adhésion à l’Union européenne en parallèle d’un prêt de 90 milliards d’euros européen pour financer sa défense.
- L’Ukraine prouve sa valeur ajoutée dans la future union de la défense proposée par le Commissaire européen Andrius Kubilius.
- Le Commissaire européen à la défense et à l’espace voit plus grand que l’instrument d’achats communs de systèmes de défense, SAFE, ouvert à d’autres pays que les Etats-membres (le Canada, le Royaume-Uni, la Norvège, sans compter l’Ukraine).
- A. Kubilius désire institutionnaliser une véritable “Union de la Défense”, sur la base d’un traité intergouvernemental qui n’est pas sans rappeler la “Coalition of the Willing” (coalition des volontaires) proposée à l’issue du Sommet de Londres en mars 2025, à l’initiative de la France et du Royaume-Uni.
- Mais A. Kubilius, en bon exécutif européen, envisage une armée européenne dotée de ses propres réserves de munitions, d’un État-major européen moins décoratif que l’actuel, et surtout, d’une force capable de se substituer à l’OTAN, alliance remise en cause par l’inconstance des présidents américains passés et surtout les menaces de l’actuel.
- Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN et thuriféraire d’un atlantisme convaincu affirmait en janvier que l’Europe était incapable de se défendre sans les Etats-Unis.
- Pourtant, l’UE se dote maintenant d’une stratégie de sécurité propre, annoncée par Ursula von der Leyen au même moment.
- Et si A. Kubilius doit encore convaincre les Etats européens de la faisabilité d’une union de la défense, l’Europe est déjà convaincue de la pertinence d’un tel projet.
- Reste à dresser une feuille de route consensuelle pour dépenser intelligemment les centaines de milliards dont se dote l’UE et ses Etats membres depuis plus de deux ans maintenant pour assurer sa sécurité sans les Etats-Unis.
- L’OTAN n’est pas complètement en état de “mort cérébrale” comme l’ironisait E. Macron il y a maintenant 7 ans, (ES 3/3/22), mais l’autonomie stratégique européenne s’organise pour ne plus en dépendre.