Pour “mieux renvoyer à la frontière “, la Commission opte pour un règlement et non plus une directive comme nous avons actuellement en vigueur. Cela signifie que les règles doivent être directement applicables dans les États membres et que les procédures d’éloignement se trouvent uniformisées dans l’ensemble de l’Union. L’harmonisation se traduit dans ce texte en un durcissement des procédures d’éloignement, ainsi que par une coopération accrue avec les pays tiers mais rien ne garantit un retour plus effectif, si tant soit qu’il s’agit bien du résultat attendu et que cette efficacité faciliterait la vie des citoyens européens.
- L’alliance entre les forces de droite et d’extrême droite a permis l’émergence d’une position majoritaire dans l’hémicycle pour proposer un texte à contre-courant des recommandations des spécialistes de la migration.
- Comme il a pu être soulevé dans le précédent plan italo-albanais, experts et organisations de défense des droits soulignent que le recours à des centres de détention hors de l’UE ouvre la voie à une violation des droits fondamentaux.
- Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés insiste pour veiller à ce que les demandes d’asile déboutées ont été intégralement et équitablement examinées, et veiller tout particulièrement aux mineurs non accompagnés.
- Le risque est grand de transférer des personnes vulnérables vers des endroits où les garanties juridiques sont plus faibles.
- Certains invoquent le fait que cela découragerait les candidats à la migration vers l’Europe, nous nous permettons de douter du fait que les trafiquants d’êtres humains et autres passeurs se fassent le relais d’une telle menace au découragement.
- Malgré les références multiples aux droits fondamentaux le texte amendé par le Parlement privilégie « l’efficacité des retours » au détriment des garanties fondamentales pour des personnes particulièrement vulnérables.
- Paula Hoffmeyer-Zlotnik et Philipp Stutz, chercheurs à l’Université libre de Bruxelles, ont mené une analyse de près de 700 documents stratégiques et communiqués de presse de la Commission européenne, autrement dit 30 ans de politique de retour de l’UE.
- Plusieurs outils présentés aujourd’hui comme novateurs ont déjà été invoqués à de multiples reprises.
- L’idée “phare” des hubs de retour illustre particulièrement bien l’écart entre discours politique et faisabilité pratique.
- Le programme Royaume-Uni-Rwanda devrait dépasser 700 millions de livres sterling pour seulement quatre retours volontaires.
- Étendre ces modèles pour espérer faire augmenter le nombre de retours risque donc de faire exploser les dépenses.
- Dans l’ensemble, la solution du hub risque d’affaiblir les protections des droits de l’homme tout en proposant une « solution » largement symbolique et extrêmement coûteuse.
- C’est ce que dénonce, entre autres, le président français.