PAX SILICA 

Une guerre technologique mondiale a commencé, annoncent les Echos. Le vendredi 12 juin 2026, la start-up américaine Anthropic, qui développe Claude, a retiré du marché européen ses deux derniers modèles, les plus puissants. Cette décision est consécutive à un différend avec l’administration Trump autour des questions de sécurité nationale (ES 23/3/26), et du refus de la compagnie de travailler en bonne intelligence avec le gouvernement sur les applications militaires. Et ce différend s’étale dans le temps. 

  • Cette décision, qui intervient 3 jours après le lancement commercial de « Claude Fable 5 » et « Mythos 5”, est justifiée par la nécessité de se conformer à une directive américaine invoquant la “sécurité nationale”.  
  • L’argument avancé par la Maison Blanche repose sur le potentiel usage du modèle pour découvrir des vulnérabilités de cybersecurité critiques.  
  • Il s’agit ni plus ni moins que d’une restriction à l’export, comme on l’applique généralement aux armes et autres composants militaires, en termes de dilemme de sécurité.  

 

  • Conservant l’essentiel de sa puissance, notamment en programmation et cybersécurité, Fable 5 est encadré par des garde-fous qui filtrent les usages sensibles afin de limiter les risques. 
  • L’administration américaine considère ces garde-fous comme contournables. 
  • Fin août 2025, il avait notamment évoqué de possibles restrictions à l’exportation sur les puces électroniques – remember ASML, ou Nvidia (ES 1/12/25). 
  • Elle pourrait même contribuer à précipiter certaines décisions européennes en matière de souveraineté technologique pour répondre aux prémices de “la guerre de l’IA”. 
  • La réaction de la Commission européenne, par l’intermédiaire de son porte-parole Thomas Regnier, va dans le même sens.  
  • Si les entreprises européennes se retrouvent interdites d’accès aux modèles américains les plus puissants, cela générerait de grandes opportunités pour immense pour Mistral, déjà leader européen (ES 15/9/25).