WE CHOOSE TO GO TO THE PALE MOON

Depuis 2018, l’Europe s’est trouvée des accents kennediens pour atteindre “la nouvelle frontière” de l’espace. Enlisé dans la routine et concurrencé par la dynamique de nouveaux acteurs, dont le succès d’Elon Musk, sur le marché des lanceurs spatiaux, le lanceur européen Ariane Espace, qui avait assis la réputation de l’Europe comme une puissance spatiale cherche son équilibre financier. Après des années de crise, et une impulsion nouvelle (cf. EIH 2/2/22) reçue sous Présidence française du Conseil de l’UE, la “course aux étoiles” revient au cœur de l’actualité industrielle et géostratégie de l’Union européenne, dans un contexte de guerre de haute intensité. 

  • Les 6 et 7 novembre 2023, un sommet informel à Séville a réuni les ministres responsables de l’espace des États membres à l’Agence spatiale européenne (ESA).  
  • Un sommet « à haut risque » selon Challenge, tant les enjeux sont cruciaux pour l’avenir de l’Europe spatiale.  
  • Si l’Europe ne se remet pas rapidement au niveau de ses concurrents, certains craignent qu’elle ne soit complètement dépassée à terme. 
  • “Il faut voir grand” : Dans Agenda Publica, l’ancien secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen appelle les décideurs européens à se « réveiller » face à l’ampleur du défi spatial.  
  • En outre, faire revenir l’ESA parmi les leaders mondiaux du marché spatial ne suffit pas.  
  • L’UE ne peut plus rester « qu’un simple client parmi d’autre de l’ESA », rappelle Le Monde. 
  • Un des buts affichés du sommet est de garantir la compétitivité de l’Europe afin de lui permettre « d’affirmer la place qui lui revient dans le monde », selon Didier Schmitt, coordinateur des programmes d’exploration de l’ESA.  

 

  • On estime l’industrie mondiale de l’espace à plus d’un trillion d’Euros à l’horizon 2040. 
  • Aujourd’hui, les investissements européens ne représentent qu’un cinquième des ceux des Etats-Unis. 
  • Et le budget européen pour l’exploration spatiale un quinzième de celui de la NASA.  
  • Il faut donc miser sur les financements publics et stimuler les investissements privés pour stimuler l’autonomie du marché européen de l’espace.  
  • Et travailler à contrer l’établissement d’un marché oligopolistique dominé par les acteurs non-européens qui handicaperait l’entrée de nouvelles entreprises européennes.  

 

  • À l’ère du “new space”, l’espace est redevenu le terrain de jeu des rivalités entre puissances, dessinant un nouvel « échiquier de la géopolitique ».  
  • Les temps où URSS et États-Unis étaient seuls à s’affronter symboliquement autour de la conquête spatiale sont dépassés.  
  • Même si la NASA domine le monde des agences et l’entreprise américaine Space X reste en position dominante sur le marché de l’espace. 
  • Les ambitions et les acteurs se sont mondialisés.  
  • Pour répondre au défi de la concurrence mondiale, le dirigeant général de de l’ESA, Josef Aschbacher proposait au sommet du 6 novembre, que L’Europe spatiale s’ouvre au privé et lance un concours pour la fourniture d’un vaisseau-cargo.  

 

  • L’accord conclu à Séville semble avoir débloqué la situation par de grands compromis. 
  • La France a obtenu le financement de l’exploitation d’Ariane-6 jusqu’en 2030. 
  • L’Allemagne a négocié l’ouverture du marché des lanceurs à la concurrence, incarnant un recul du “principe du retour géographique” contesté par les industriels.  
  • Cette pratique prévoit que chaque pays contributeur au budget de l’ESA récupère sous forme de contrats attribués à son industrie un montant équivalent à sa contribution.  
  • Néanmoins, le système reste bancal. 
  • Les investissements privés peinent à prendre, tant l’Europe ne développe pas les mêmes leviers qu’apporte le financement public américain. 
  • Les levées de fonds, accès aux financements et prêts bancaires handicapent l’Europe face à ses voisins américains.