EN ROUTE MARTY ! 

L’alternance politique est un des critères fondamentaux pour jauger de la santé d’une démocratie. Les victoires successives de la droite européenne ne devraient, en théorie, pas poser de problème moral ou politique. Cependant, le mouvement qui porte les droites au pouvoir dans toute l’Union européenne suscite des inquiétudes chez les observateurs attachés à l’État de droit en Europe, en particulier en ce qui concerne le sort des migrants ou celui de l’environnement. 

  • Dans un récent article pour Agenda Publica, Giovanni Capoccia rappelle que le mouvement populiste de droite en Europe avait connu des revers en 2022. 
    • Cette année avait été marquée par l’invasion de l’Ukraine décidée par V. Poutine et les défaites de dirigeants de droite tels que M. Le Pen et J. Bolsonaro.  
      • Cependant, l’optimisme initial a été de courte durée car le populisme de droite a continué à gagner du terrain.  
    • Le Fratelli d’Italia de G. Meloni a remporté les élections en Italie, le Rassemblement national de M. Le Pen a vu son soutien augmenter en France et Alternative für Deutschland a doublé son soutien en Allemagne, gagnant même une élection directe pour la première fois, en Thuringe. 
      • Peurs, victimisation ou politiquement correct, la Süddeutsche Zeitung revient sur les raisons de cette dynamique.  
    • En Espagne, Vox a également progressé lors des élections locales et devrait garder cette dynamique lors des élections législatives anticipées du 23 juillet 2023.  

 

  • Cette droitisation constitue une menace pour les minorités les plus vulnérables et, plus généralement, la démocratie libérale en Europe, estiment les observateurs, au-delà des adversaires politiques.  
    • En effet, ces partis s’embarrassent peu du respect de l’Etat de droit.  
    • La montée de la droite radicale pèse sur les partis conservateurs et perturbe déjà l’équilibre actuel des pouvoirs au sein des différents pays et des institutions de l’UE. 
  • Ceci pourrait conduire à des coalitions entre les partis de droite modérée et radicale et à un déplacement du processus décisionnel vers les gouvernements nationaux.  
    • Les conséquences pourraient être un ralentissement de l’intégration européenne, une réduction du pouvoir de la Commission européenne et une alliance avec des forces hostiles à l’intégration européenne au niveau mondial.  
    • Ce sera – à n’en pas douter – l’un des enjeux du scrutin des européennes de juin 2024.