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Ivan Krastev le souligne régulièrement : à la croisée des paniques morales sur le déclin démographique et sur la dissolution des identités nationales, les phénomènes migratoires sont devenus la grande question politique de ce début de siècle. Pour les démocraties libérales européennes et l’État de droit, menacé par l’émergence de certaines mouvances politiques, elle est même devenue existentielle.

  • Pour Visegrad Insight, Magda Jakubowska, plaide pour une réforme des systèmes de gestion des migrants de l’UE consécutivement à l’arrivée de plus de 4,6 millions d’Ukrainiens, principalement des femmes et des enfants, conséquence de  l’agression par la Russie.
    • Selon elle, les initiatives européennes en la matière doivent aller au-delà de la réaction à court terme.
      • En d’autres termes, ne pas se limiter à l’augmentation du financement des centres d’accueil, des programmes d’hébergement et de scolarisation, qui sont souvent précipités et n’apportent pas de solutions à long terme pour les migrants.
    • Elles doivent s’ancrer dans une perspective à long terme, en remédiant aux faiblesses actuelles en termes d’emploi, de soins de santé, d’éducation, de systèmes juridiques et de politiques d’intégration.
      • Cela passe ainsi par une clarification des règles d’enregistrement des migrants, l’inclusion obligatoire dans les programmes éducatifs avec des systèmes d’accompagnement pour permettre l’emploi des migrants et leur intégration dans leur pays d’arrivée – un financement supplémentaire pour les cours de langue, la formation professionnelle.
      • Des mesures proches de celles qui sont connues pour avoir fait le succès de l’intégration de ses migrants par l’Allemagne.

  • L’incapacité actuelle à gérer de manière adéquate la crise des réfugiés ukrainiens est en partie due à la géographie de leur déplacement, puisque ces migrants se sont, pour la plupart, installés dans des pays d’Europe centrale qui sont touchés de manière disproportionnée par l’inflation ainsi que par l’augmentation des taux d’intérêt et des taux hypothécaires.
    • C’est tout particulièrement le cas en Pologne qui se trouve dans une situation encore plus compliquée en raison de son refus de se conformer aux réformes de l’État de droit de la Commission européenne, ce qui a entraîné le blocage de son financement par l’Union européenne.
    • Les discussions actuelles sur un éventuel nouveau plan Marshall pour la reconstruction de l’Ukraine occultent la nécessité immédiate d’intégrer, socialement et professionnellement, les migrants ukrainiens déjà présents dans l’UE.
      • Cette omission pourrait entraîner des répercussions dans 20 ans avec un déploiement de chômeurs et de personnes non intégrées si l’UE ne parvient pas à fournir auxdits migrants les outils nécessaires.

  • La bonne intégration tient d’abord à l’accélération des procédures d’obtention de la citoyenneté, des permis de travail sans contraintes administratives pour les réfugiés, la libre circulation au sein de l’Union, l’égalité d’accès aux soins de santé et à la protection sociale, une intégration renforcée dans les systèmes éducatifs.
    • Au-delà du bien-être des migrants ukrainiens actuels, ces réformes pourraient en outre garantir la capacité de l’UE à faire face aux prochaines vagues migratoires – inévitables si l’on suit les conséquences des projections des modèles climatiques.