THE TRUTH IS OUT THERE

C’est un moment de vérité pour l’Europe. Comme l’a tweetté la présidente lituanienne, Ingrida Šimonyte, “notre façon de répondre (à la menace russe) nous définira pour les générations futures

Le retour du spectre de la guerre sur le continent européen est confirmé. 30 ans après l’embrasement sanglant de la Yougoslavie qui avait bousculé les certitudes de l’UE sur sa capacité à réguler les tensions continentales, cette fois le défi est plus vital encore, puisqu’il s’agit de faire face aux ambitions révisionnistes d’une puissance nucléaire.

Les tensions et le conflit en Ukraine font craindre une escalade. L’organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a constaté une augmentation spectaculaire des violations de cessez-le-feu dans l’Est de l’Ukraine, selon Libération. Celles-ci concernent des violations sur la ligne de front, et notamment des explosions.

  • Lundi 21 février, lors d’une déclaration télévisée, Vladimir Poutine a annoncé la reconnaissance de l’indépendance des régions séparatistes pro-russes, la souveraineté des républiques populaires de Donetsk et de Louhansk. Cette déclaration remet donc en cause les accords de Minsk de 2015.
    • Dans une relecture très particulière de l’histoire de l’URSS, le président russe a nié toute légitimité à l’Ukraine contemporaine et remis en cause son droit à l’existence.
    • Il dénonce aussi le régime à Kiev comme hostile et inféodé aux États-Unis.

  • Cette déclaration met en échec les tentatives de dialogue diplomatique d’Emmanuel Macron, les réactions de condamnation n’ont pas tardé dans les capitales européennes, selon Monde.

o   Trois des représentants actuels de l’UE : le président Macron, pour le Conseil de l’UE, Charles Michel, pour le Conseil européen, et Ursula von der Leyen, pour la Commission, ont dénoncé la violation unilatérale des engagements internationaux de la Russie, celle-ci portant atteinte à la souveraineté de l’Ukraine.

o   Les eurodéputés avaient déjà plaidé pour accélérer la préparation des sanctions à l’égard de la Russie, notamment la suspension du projet gazier Nord Stream 2.

  • Précipitant la fin de l’ambiguïté allemande dans le conflit avec la Russie, le mardi 22 février, moins de vingt-quatre heures après la déclaration de Vladimir Poutine, le chancelier Scholz a décidé de suspendre la procédure de certification du gazoduc NordStream 2.

o   « La situation aujourd’hui est fondamentalement différente, et donc à la lumière des événements récents, nous devons également réévaluer cette situation… également en ce qui concerne Nord Stream 2 », a indiqué Olaf Scholz.

  • D’autres sanctions prises par les pays occidentaux, notamment les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne, tentent de freiner l’escalade : couper la Russie des financements occidentaux, ciblage des élites ainsi que des institutions financières, ou gel des avoirs…

o   Boris Johnson a décidé de viser les intérêts économiques de la Russie, et particulièrement trois milliardaires considérés comme proches de Vladimir Poutine : Guennadi Timtchenko, Boris Rotenberg et Igor Rotenberg. Celui-ci a rappelé que les sanctions pourraient être plus importantes en cas d’invasion russe de l’Ukraine.

o   Enfin, les ministres des affaires étrangères de l’UE ont acté plusieurs sanctions à l’égard de la Russie. « Celles-ci touchent tant les individus, avec l’interdiction de visas dans l’UE, où leurs avoirs seront gelés, et différentes activités dans les républiques autoproclamées de Louhansk et de Donetsk », précise un article du Monde. Les 351 élus de la Douma qui ont voté en faveur de la reconnaissance de ces régions sont ainsi dans le viseur de l’Union européenne.