Pour la première fois, depuis la création de la République fédérale allemande en 1949, un parti d’extrême droite arrive en tête d’une élection régionale et, largement, puisque les chrétiens-démocrates (CDU) qui dirigeaient cette région depuis la réunification ne recueillent que 17,2 % des suffrages, aucune autre formation politique ne dépassant d’ailleurs la barre des 10 %.
- Comme l’analyse Le Grand Continent, le parti s’impose désormais comme un véritable « Volkspartei », progressant dans toutes les catégories de territoires et bénéficiant massivement du retour aux urnes d’anciens abstentionnistes.
- Son électorat est particulièrement masculin, peu diplômé et économiquement fragile.
- Il y a le contexte bien sûr. Mais l’artisan de la victoire de l’AfD est aussi une figure originale du parti, Ulrich Siegmund.
- Avant de se lancer en politique, il dirigeait une entreprise de parfums d’ambiance à Berlin et a su adapter ses leçons de marketing à l’art du branding politique.
- La communication de sa campagne le montre en tenue décontractée, sillonner la région à la rencontre de ses fans, signer des autographes, prendre des selfies, parler peu du programme et afficher un large sourire, devenu marque de fabrique.
- Pourtant la mise en scène de ses interactions avec son public, immédiatement relayée sur les réseaux sociaux, rappelle surtout l’influenceur d’extrême droite américain star, Charlie Kirk, et la communication MAGA.
- D’ailleurs, certains participants arborent des références à l’ICE.
- Le programme de l’AfD passe au second plan sous cette communication rodée.