DOUCHE ÉCOSSAISE  

Les Trumpèteries sur le Groenland et l’Islande avaient un peu rallumé la flamme européenne dans la petite île arctique. Reykjavik avait déjà engagé, en 2009, les négociations en vue de son intégration à l’UE, suspendues en 2013 et retirait sa candidature en 2015. Toutefois, après une campagne peu enthousiaste, notait Le Monde, les Islandais ont finalement voté « NON » avec une majorité de 52,8%, au référendum du 29 août, rejetant la reprise de ces négociations d’adhésion.  

  • Le secteur halieutique, que Reykjavik veut garder sous son contrôle plutôt que de le négocier avec Bruxelles, semble avoir pesé plus lourd dans le vote que les arguments géopolitiques mis en avant par leur gouvernement 
  • C’est donc un refus de l’instrumentalisation politique du statut de candidat au profit d’un intérêt matériel interne (la pêche). 
  • Cependant, les Islandais bénéficient déjà de leur appartenance à l’Espace Economique européen (soit marché commun et libre-circulation) soulignent certains observateurs.,  
  • Ceci rend l’adhésion moins urgente. 

 

  • Pour les autres candidats, en revanche, l’adhésion reste un objectif entier.  
  • Le statut de candidat est rarement neutre : il sert Bruxelles (signal envoyé à un rival, ou stabilité achetée à bas coût) et la politique interne du pays candidat.  
  • Il s’agit donc de comprendre quelle logique (stabilisation, démarcation, transformation, cohabitation) s’opère pour chaque candidature afin d’en comprendre les motivations profondes et d’anticiper une potentielle adhésion. 

 

  • L’ensemble des 33 chapitres de négociation est ouvert et, après les conférences d’adhésion de juin et juillet 2026, 18 d’entre eux sont provisoirement fermés. 
  • Cela signifie que les législations monténégrines concernées sont considérées comme conforme aux exigences de l’UE mais que rien n’empêche cette dernière de revenir sur un point qui remettrai en cause l’adhésion si nécessaire. 
  • C’est en Albanie que se joue l’autre grande dynamique de l’élargissement.  
  • En 2024-2025, les négociations ont accéléré fortement avec l’ouverture des 33 chapitres.  
  • Cette progression institutionnelle et « la révolution des flamants roses » qui secoue Tirana depuis plusieurs mois ne relèvent peut-être pas de deux logiques opposées, mais d’une seule et même dynamique d’intégration (ES 6/7/26 et bis).  
  • l’Italie, puis l’URSS, la Chine, et depuis 1990 ce qu’il nomme « l’empire occidental », où Bruxelles et Washington comptent comme un seul et même partenaire de référence.  
  • Le morceau d’Albanie promis à Jared Kushner sur son yacht, ou le terrain cédé à Giorgia Meloni pour un centre de rétention, ne seraient alors que les avatars récents d’une stratégie séculaire.   
  • Un retournement, cependant, échappe à Edi Rama, le Premier ministre : pensé pour consolider son crédit auprès du centre, le projet a plutôt exposé, au sein même de cet empire occidental, sa tolérance à la captation de l’environnement et aux dérives de l’ère Trump, fragilisant le paradigme qu’il devait pourtant nourrir. 
  • La même stratégie explique donc les deux faces de la situation albanaise : c’est la même quête d’aval occidental qui vaut aujourd’hui à Tirana d’être, chapitres fermés à l’appui, le deuxième pays le plus avancé de l’élargissement après le Monténégro — et qui a aussi conduit son Premier ministre sur le yacht de Jared Kushner.