CCCC 2.0 

Alors que le changement de régime en Hongrie (ES 20/4/26) a enfin débloqué les négociations d’adhésion pour l’Ukraine, la Serbie qui a entamé ce chemin depuis longtemps contraste avec les dynamiques d’adhésion à l’UE de ses voisins. 

  • Coïncidence qui en dit long sur la situation : à l’heure où Ratko Mladić, le « boucher de Bosnie »  condamné par le TPIY pour génocide, meurt en détention à La Haye, l’heure du “tout est permis au nom de notre grande nation” ne convainc plus.  
  • Le pays traverse depuis novembre 2024 un vaste mouvement de contestation né de l’effondrement mortel d’un auvent à la gare de Novi Sad, qui a fait seize morts.  
  • Reste à savoir ce que Vučić cède réellement : la plupart des observateurs s’attendent à ce qu’il se recycle en Premier ministre, poste qu’il occupait déjà avant sa présidence, plutôt qu’à un retrait véritable. 
  • Cette manière de ménager toutes les issues à la fois se retrouve dans la diplomatie serbe.  
  • Belgrade maintient depuis des années un équilibre entre aspirations européennes et relation historique avec la Russie, présenté à Bruxelles comme une diplomatie pragmatique soucieuse de préserver plusieurs partenariats sans renoncer à ses intérêts propres.  
  • L’équilibre reste cependant réel : A. Vučić a exclu toute coopération militaire avec Kiev et V. Zelensky a confirmé que l’Ukraine ne reconnaîtrait pas davantage l’indépendance du Kosovo qu’auparavant.  
  • Cette ambiguïté géopolitique pèse sur le processus d’adhésion à l’Union européenne, mais elle n’explique pas tout.  
  • Ce que Bruxelles reproche d’abord à Belgrade, ce sont : l’État de droit, l’indépendance des médias et la corruption, soit précisément ce que dénonce le mouvement né à Novi Sad.  
  • C’est ce grand écart, plus que la seule question russe, qui vaut à la Serbie d’être désormais rangée parmi les pays « en recul » quant à l’avancement du processus d’adhésion.  

 

L’attractivité de l’UE reste entière sur ses marges.  

  • Toutefois, pour la Macédoine du Nord, le chemin reste tortueux. Faisant face, depuis le dépôt de sa candidature en 2004, à des vetos provenant des pays avec lesquels elle entretient des relations bilatérales infructueuses (d’abord la Grèce puis aujourd’hui la Bulgarie), la candidature de la Macédoine du Nord s’est enlisée.  
  • Bien que les négociations aient pu débuter en 2022, l’ouverture de nouveaux chapitres est toujours conditionnée à un changement de la Constitution, auquel Skopje, et notamment le gouvernement conservateur de Hristijan Mickoski (VMRO-DPMNE), n’est pour le moment pas favorable.  
  • Enfin, alors que la Géorgie disparaît peu à peu du paysage européen, pour cause de “russification” de sa politique intérieure (ES 13/10/24), c’est un autre pays du Caucase qui reprend le flambeau depuis les dernières élections 
  • Pour autant, son voisin russe perçoit déjà cette potentielle candidature d’un très mauvais œil, allant jusqu’à réclamer un référendum arménien sur la question.