L’autre effet du Brexit aura été une instabilité politique chronique. Pour un système politique persuadé de sa solidité trempée par des siècles de stabilité institutionnel, la valse des Premiers ministres ayant suivi la démission d’un Cameron désavoué par le référendum (mais qui n’en a jamais payé le prix) aura eu des allures de carrousel macabre – l’humour britannique allant même jusqu’à se demander si le mandat d’une PM en exercice, Liz Truss en l’occurrence, pourrait dépasser la durée de fraicheur d’une laitue (spoiler : non !).
- Alors qu’il disposait d’une majorité très confortable, acquise sur le discrédit de l’aventurisme incompétent des conservateurs (ES 15/7/24), le Premier ministre Keir Starmer a encore plus profondément déçu les espoirs de changement au point de susciter l’analyse d’un parallèle avec François Hollande.
- Il a finalement été remplacé par Andy Burnham, 7e Premier Ministre britannique en 10 ans.
- Au fond, les problèmes économiques et politiques qui avaient mené au Brexit n’ont pas magiquement disparu avec le (difficile – ES 6/3/23) rétablissement d’une frontière entre RU et UE.
- Malgré les promesses de reprise du contrôle national, le Brexit reste associé à une crise de confiance envers les institutions et à une profonde polarisation politique, comme le rappelle le NYT.
- En témoigne la dynamique du nouveau parti de Nigel Farage, Reform UK, qui comme dans les autres pays de l’UE capitalise sur le discrédit total des partis de gouvernement et semblait en mesure selon les sondages de remporter une majorité.
- Ce n’est plus contre Bruxelles mais contre l’establishment que Nigel Farage désormais fait campagne avec le même cocktail populiste de mensonges grossiers et de promesses intenables.
- Même si la dynamique semble heurter une certaine limite, démontrée par les derniers sondages, et surtout sa difficulté à se dépêtrer d’un scandale de corruption, illustrée à l’absurde par une campagne électorale ridiculisée par la popularité de son adversaire, un personnage satirique bien connu de l’humour politique subversif anglais : Count Binface (le Comte Face de Poubelle).
- A. Burnham peut-il changer la donne ?
- Agenda Publica voit dans le maire de Manchester une alternative au populisme de Nigel Farage, l’artisan du Brexit, en affirmant que le problème britannique ne venait pas de Bruxelles mais des inégalités territoriales.
- Il défend un patriotisme économique fondé sur la décentralisation, la réindustrialisation et l’investissement régional.
- Son approche cherche à répondre aux frustrations ayant nourri le Brexit sans rouvrir le débat sur le retour dans l’UE, en proposant de reconstruire le pays de l’intérieur.