Avec ce vote du Parlement européen sur le compromis final atteint en trilogue, l’UE a donné son feu vert aux nouvelles techniques génomiques (NTG), qui permettent de modifier précisément le génome des plantes sans introduire d’ADN étranger.
- Présentée comme un moyen de renforcer la compétitivité agricole face aux États-Unis et à la Chine, cette réforme vise à développer des cultures plus résistantes à la sécheresse, aux maladies et nécessitant moins d’intrants.
- Toutefois, elle suscite l’inquiétude des petits semenciers européens, expliquent les Echos.
- Ceux-ci craignent que les grands groupes semenciers, déjà dominants aux États-Unis, utilisent les brevets sur certaines modifications génétiques pour renforcer leur contrôle du marché.
- Le débat porte ainsi moins sur la technologie elle-même que sur le risque de concentration économique, de dépendance des agriculteurs et de marginalisation des petites entreprises semencières européennes.
- De fait, l’agriculture européenne peut espérer des cultures plus résilientes face à la sécheresse, aux maladies et à certains ravageurs, avec moins d’eau, d’engrais et parfois moins de pesticides.
- Les NGT peuvent aussi accélérer la sélection variétale, améliorer les rendements et aider l’UE à rester compétitive face aux pays où ces techniques sont déjà utilisées.
- Mais ces gains dépendront de règles de traçabilité, d’étiquetage et de coexistence avec le bio, ainsi que d’évaluations indépendantes sur les effets environnementaux et socio-économiques.
- En pratique, l’espoir principal est une agriculture plus adaptative au climat, mais sans garantie automatique de bénéfices pour tous les producteurs.
- Comme souvent le maintien de la compétitivité d’un secteur l’a emporté sur les autres considérations.
- Contrairement aux droits des passagers, voilà un sujet en revanche dans lequel le point de vue industriel l’aura emporté largement.
- D’autant que l’argument de l’adaptation aux effets du changement climatique a éclipsé les autres aspects des enjeux proprement industriels. Les Echos parlent de “Rubicon franchi” – il s’agissait à l’époque rien de moins qu’un changement profond de régime, puisque César fit de la République romaine un Empire. L’image est adaptée.