Crise humanitaire sans commune mesure, le conflit au Soudan les FSR et les FAS a engendré une insécurité alimentaire majeure, avec de nombreuses famines, des atteintes et violations des droits de l’Homme (attaques contre des civils suivant leur affiliation, religion, ou ethnicité supposée, violences sexuelles, attaques ciblées contre les infrastructures critiques dont énergétiques et médicales, utilisation d’enfants comme soldats). Plus de 13 millions de soudanais sont des personnes déplacées et plus de 33 millions ont besoin d’une aide humanitaire urgente.
- Outre l’aide humanitaire qu’elle fournit, et ses condamnations, l’Union européenne réagit par des sanctions contre les FSR, les FAS et les entités associées.
- Ce régime de sanctions européen est classique et concerne une interdiction de territoire des personnes concernées, un gel des avoirs des personnes physiques et des entités, et une interdiction de financer les entités concernées.
- Décidé en octobre 2023, il a pour l’instant été reconduit jusqu’en octobre 2026.
- Un embargo sur les armes existe par ailleurs déjà depuis 1994, fusionné en 2005 avec le régime de sanctions onusien contre le Soudan.
- La question se pose donc de l’extension de ce régime de sanctions envers les EAU.
- En effet, l’embargo sur les armes énonce clairement l’interdiction de fournir de l’équipement militaire à toute entité soudanaise.
- Si les suspicions très probables étaient avérées, alors la Commission serait en droit de sanctionner les EAU.
- Reste à estimer l’efficacité de ces sanctions. De manière générale, une sanction n’est efficace que si elle est appliquée de manière uniforme.
- Des sanctions contre les EAU ne seraient déjà pas forcément appliquées pareillement par tous les pays membres de l’UE car leurs intérêts divergent (c’est ce que l’on observe déjà en Ukraine avec les sanctions contre la Russie).
- De plus, des sanctions ne sont efficaces que si la cible n’a pas d’autres alternatives pour commercer.
- Ce n’est également pas le cas ici, les EAU étant proches des autres pays arabes de la région, et surtout des Etats-Unis, qui ne suivraient pas l’UE dans son régime de sanctions.