Très attendu par les milieux industriels et le tissu économique européen, l’IAA faisait déjà partie de la feuille de route 2025 de la Commission, d’abord sous le nom d’Industrial Decarbonisation Accelerator Act.
- L’idée est née dans le Competitiveness Compass, puis a été reprise dans le Clean Industrial Deal comme réponse aux coûts élevés de l’énergie, à la concurrence mondiale et aux lenteurs administratives (ES 24/2/25).
- Mais la consultation publique a aussi montré une attente pression pour accélérer les permis, soutenir les technologies propres et sécuriser les chaînes de valeur européennes.
- Le changement de nom a signalé un périmètre plus large, allant au-delà de la seule décarbonation.
- Il illustre surtout la victoire politique des représentants de l’industrie dont la déclaration d’Anvers (ES 16/2/26) avait rappelé juste avant la publication de l’IAA, l’attente en matière de dérégulation.
- Toutefois, la mise en œuvre d’une politique industrielle européenne réveille aussi les rivalités entre Etats membres, illustrées par la bataille du “Made in vs. Made with” Europe (ES 9/2/26).
- Comme le soulignait Contexte dans son analyse du sujet, le « made in Europe » porté par le Commissaire français Stéphane Séjourné avait révélé une fracture idéologique profonde au sein de l’UE.
- Avec son « accélérateur industriel », la Commission introduit une préférence européenne dans certains marchés publics et aides d’État, marquant un tournant après des décennies de libre-échange.
- Le virage protectionniste de l’IAA inquiète les partisans de l’ouverture commerciale, menés par Maroš Šefčovič et plusieurs États membres comme l’Allemagne ou les Pays-Bas.
- Le texte, déjà édulcoré par de nombreuses concessions, devra donc affronter de fortes résistances au Parlement et au Conseil.
- Il y a un autre aspect qui pourrait réveiller les antagonismes nationaux, en pleine période de négociation du prochain budget (CFP – ES 8/9/27): les coûts induits par l’IAA.
- D’après les calculs de la présidence chypriote en exercice, l’IAA « Made in Europe » figure parmi les plus onéreux, selon un document fuité par Contexte.
- Son coût annuel pour les entreprises serait estimé à plus de 6 milliards d’euros.
- Certains Etats membres et forces politiques hostiles à une politique industrielle européenne pourraient trouver là un nouvel argument pour en entraver la marche.