Et pendant ce temps… Le changement climatique et la dégradation du vivant sont comme les white walkers de Game of thrones : insensibles à nos petites querelles de préséances, ils progressent inéluctablement. Selon un rapport du service européen Copernicus et de l’Organisation météorologique mondiale, l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement, avec une hausse des températures environ deux fois supérieure à la moyenne mondiale depuis les années 1980.
- Ce phénomène s’explique notamment par la proximité de l’Arctique, la fonte des glaces et le fait que les terres se réchauffent plus vite que les océans.
- Les conséquences sont déjà visibles : canicules plus fréquentes, sécheresses, incendies, inondations et recul des glaciers.
- Les experts alertent sur l’urgence d’accélérer les politiques d’adaptation et de réduction des émissions pour limiter les impacts humains, économiques et environnementaux.
- La sortie des énergies fossiles devrait donc être une priorité absolue – que la situation à Ormuz a rendue encore plus sensible (ES 23/3/26).
- Pour tenter de surmonter les blocages successifs des COP, a fortiori en l’absence des Etats-Unis, le sommet de Santa Marta, organisé en Colombie et aux Pays-Bas, a réuni 57 pays pour reprendre cette trajectoire de décarbonation.
- Les participants ont convenu de développer des feuilles de route nationales alignées sur leurs engagements climatiques, afin de réduire progressivement charbon, pétrole et gaz.
- La réunion n’a pas produit d’accord contraignant, mais a permis d’afficher un front commun, de publier un ensemble de mesures concrètes et de lancer des groupes de travail sur le financement, les subventions et les feuilles de route nationales.
- Le sommet a aussi lancé un nouveau panel scientifique international chargé d’accompagner les États dans leur transition énergétique.
- Les discussions ont porté sur les subventions aux fossiles, le financement des pays du Sud et la justice sociale de la transition.
- Cette initiative, saluée comme une alternative plus pragmatique aux COP traditionnelles, se poursuivra lors d’un second sommet à Tuvalu en 2027.
- Participant de ce sommet, l’expert Jules Jortenhorst livre une lecture originale de notre dilemme carboné:
- selon le Coprésident de la #Energy Transitions Commission, une coalition mondiale de dirigeants issus de tous les secteurs de l’énergie qui se sont engagés à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, le chiffre souvent cité de « 80 % d’énergie fossile » masque une réalité essentielle.
- Près de 60 % de l’énergie primaire mondiale est perdue, surtout sous forme de chaleur issue des combustibles fossiles.
- Le système actuel est donc inefficace, polluant et géopolitiquement vulnérable.
- Selon un rapport de cette commission, l’électrification permettrait de réduire fortement cette dépendance :
- voitures électriques, pompes à chaleur, solaire et éolien offrent des rendements bien supérieurs.
- Plusieurs pays fonctionnent déjà largement aux renouvelables, tandis que la Chine accélère l’adoption des véhicules électriques.
Au fond, le défi n’est plus technologique mais politique et industriel : organiser rapidement la baisse de la demande fossile.