SE TRUMPER

La nouvelle doctrine “Donroe” (nom du corollaire Trump à la doctrine Monroe), à travers les ambitions américaines sur le Groenland, fragilise davantage les relations entre les Etats-Unis et l’Europe. Les déclarations de Donald Trump, relayées symboliquement par des proches de la Maison-Blanche, et justifiées au nom de la « sécurité nationale », ont provoqué une onde de choc en Europe. Le Groenland, territoire autonome du royaume danois – membre fondateur de l’OTAN et allié des plus fidèles de Washington – et espace stratégique majeur de l’Arctique, est au cœur des enjeux de sécurité européenne, tant militaires qu’économiques. 

 

  • Le communiqué commun (Allemagne, Royaume-Uni, Pologne, Italie, Espagne, France et Danemark) publié à Paris rappelant que « le Groenland appartient à son peuple » illustre cette ligne de crête :  
  • Le texte ne contient aucune condamnation explicite de l’objectif d’annexer le Groenland par la force.  
  • Cette retenue s’explique largement par l’Ukraine.  
  • Toute confrontation ouverte avec Trump sur le Groenland risquerait de fragiliser cet engagement. 

 

  • La proposition d’achat du Groenland pourrait soulever un vrai problème de vide juridique pour l’UE souligne La Tribune 
  • Mais comme le note très bien Aurélien Colson, professeur à l’ESSEC Institute Business & Geopolitics, l’argument MAGA selon lequel le Groenland pourrait être acheté, comme ce fut le cas pour l’Alaska (1867) ou les îles Vierges (1917), ne tiendrait pas. 
  • En effet, ces transactions ont été réalisées dans un ordre international colonial, antérieur à 1945, donc avant la Charte des Nations unies et l’émergence des normes modernes de souveraineté fondées sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.  
  • C’est en cela que Washington et Moscou se rejoignent à l’heure actuelle : il faut décrédibiliser l’ordre supranational établi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. 
  • Plus intéressant encore, il rappelle que l ‘annexion n’apporterait qu’un gain opérationnel limité dans la mesure où les États-Unis disposent déjà de bases militaires et des infrastructures de renseignement permettant d’assurer la sécurité de l’Arctique.  
  • De surcroit cela se ferait au prix d’un coût politique considérable.   

Comme le rappellent les Echos, l’âge des grands prédateurs prêt à dévorer les dernières ressources d’une planète finie a commencé.