C’est une vague massive de missiles qui c’est abattue sur Kiev, dans la nuit du 2 au 3 juillet en réponse aux attaques de drones ukrainiens en Crimée et sur des infrastructures dans le territoire russe. L’attaque, fin juin, avait plongé la moitié de la Crimée, territoire ukrainien stratégique occupé par la Russie depuis 2014, dans une panne d’électricité d’ampleur et donc frappé Poutine là où ça fait mal.
- La capacité ukrainienne à se défendre et continuer d’innover n’en finit pas de surprendre, quatre ans et demi après l’invasion russe.
- Les drones ukrainiens font des ravages, et la guerre en Ukraine a révélé des failles dans l’architecture sécuritaire de plus d’un pays.
- D’abord, la Russie, qui s’est heurtée à un mur de résistance plus tenace que prévu, a perdu la confiance de ses vassaux d’ex-URSS qui ne comptent plus sur elle pour assurer leur sécurité.
- Puis l’Europe, bien sûr, qui s’agite et fait tourner la planche à billets sans arriver à se mettre d’accord sur les systèmes de défense à acheter et développer.
- Mais aussi les Etats-Unis, incapables de fournir les équipements qu’ils s’étaient engagés à envoyer en Ukraine, faute de capacités de production suffisante pour maintenir leurs propres réserves à flot alors que Donald Trump enlise le pays dans de nouveaux conflits armés au Moyen-Orient.
- Forte des systèmes qu’elle a développé “à la Mac Giver”, l’Ukraine est même maintenant en position de signer des contrats de ventes avec d’autres pays.
- L’industrie européenne, en plein réarmement, se tourne vers des missiles sol-sol de portée intermédiaire qui ne laissent aucun doute sur le besoin identifié de riposter, en cas d’attaque motivée par un besoin d’imposer sa vision des choses.
- On relève qu’à l’Eurosatory de Paris, fin juin 2026, l’entreprise espagnole Arquimea a finalement dévoilé une alternative viable au Patriot américain et au SAMP/T franco-italien.
- Ces derniers sont très coûteux et conçus pour parer des missiles plutôt que des drones dans leur architecture de défense aérienne.
- En effet, les drones, au cœur des conflits armées 2.0, sont toujours absents de l’équation européenne.
- L’Union européenne a désespérément besoin de son équivalent aux drones ukrainiens polyvalents.
- Les coûteux Reapers américains, dont se sont dotés les armées européennes, sont trop chers et sont uniquement compatibles avec les missiles américains Hellfire et les bombes de Raytheon.
- De plus, les Reapers tiennent plus de l’avion piloté à distance (presque cinq tonnes et une envergure de vingt mètres) que du drone.
- A titre d’illustration, le FP-1 ukrainien, utilisé pour les frappes longue-portée, coûte cinquante-cinq mille dollars l’unité et il en est produit cent par jour.
- Les drones d’Aerorozvidka pèsent moins de vingt kilos et sont idéaux pour la reconnaissance et le transport de petites charges utiles.
- À plusieurs besoins doivent répondre plusieurs types de drones, et les douze drones Reaper que possède la France ne feront pas l’affaire.
- Les dix-huit Eurodrones du SCAF (système de combat aérien du futur) à plusieurs centaines de millions d’euros l’unité, dix tonnes chacun, ne font pas rêver la DGA non plus.
- Le projet du SCAF aura décidément coûté cher, sans retour sur investissement.