BLACKWASHING 

Plus que toute autre ressource, c’est l’eau qui cristallise le mieux la difficile question des usages partagés –  chaque manifestation contre les projets de mégabassines , chaque contestation de projet minier, chaque mauvaise nouvelle sur les pollutions ou la disruption du cycle de l’eau le rappellent crûment (ES 23/6/25). En juin 2025, la Commission européenne a proposé une “stratégie pour la résilience dans le domaine de l’eau”, dont l’essentiel repose sur une révision de la Directive sur l’Eau, un texte qui date de 2000, déjà revu en 2020 au moment du Green Deal, mais aujourd’hui remis en cause sous la pression des intérêts miniers et pétrochimiques.  

 

  • Avec cette proposition de révision, dans la droite ligne de son “omnibus environnement”  (ES 15/12/25) si critiqué depuis sa publication en décembre dernier, comme le rappelait Contexte,  la Commission envisage ici de « lever tous les obstacles réglementaires » à la production et au recyclage de matières premières critiques. 
  • Ces derniers s’inquiètent cependant de certaines des dispositions proposées, en particulier l’application du principe « pollueur-payeur » pour financer la surveillance de la qualité des cours d’eau, qui selon eux pèserait sur la compétitivité des industries chimiques.   
  • Bien entendu, les ONG environnementales et écologistes sont mobilisées, et ont exprimé dans une lettre commune en février dernier leurs craintes des dérives et des exemptions, même au nom de l’urgence stratégique.  
  • D’autres acteurs puissants s’inquiètent des conséquences de cette révision envisagée.  
  • Comme le rappelle le site Contexte, l’agro-industrie s’inquiète des atteintes à la qualité de la ressource eau dont la raréfaction pourrait affecter ses produits.  
  • De Coca-Cola aux lobbies des boissons, ses acteurs et représentants sont aussi montés au front pour maintenir la directive actuelle et renforcer sa bonne mise en œuvre, en rappelant à la Commission ses engagements pris en 2025 dans la “stratégie sur la résilience”.