Sous pression de l’administration Trump, les Européens se trouvent effectivement piégés. Les Etats-Unis sont essentiels pour le soutien militaire à l’Ukraine et ils ont remplacé la Russie comme source principale d’approvisionnement énergétique. L’ambassadeur américain à Bruxelles, Andrew Puzder avait par ailleurs enjoint les Européens à ratifier l’accord, sous peine de perdre leur accès privilégié au GNL étatsunien.
- Néanmoins, les députés européens ont voulu inscrire un triple garde-fou par leur vote sur le texte :
- Une clause de caducité limitant la suspension des droits de douane jusqu’en mars 2028, assortie d’une obligation de réévaluation et de nouvelle proposition législative pour tout renouvellement.
- Une clause de suspension réversible si Washington recourt à des pressions économiques ou menace l’intégrité territoriale de l’UE.
- Un mécanisme de sauvegarde permettant à la Commission d’intervenir si les importations américaines progressaient de plus de 10 % par an.
- Les négociations interinstitutionnelles avec le Conseil doivent s’ouvrir le 13 avril.
- Les États membres avaient, de leur côté, validé l’accord de Turnberry sans conditions, estimant qu’il valait mieux pour l’économie européenne cette punition de 15% que pas d’accord du tout.
- Le compromis final devra être approuvé par les deux institutions.
- L’Allemagne, l’Irlande et la Commission cherchent à aller vite pour ménager la Maison Blanche – et leurs intérêts industriels, pour Berlin, et technologiques pour Dublin.
- La France, isolée, préfèrerait attendre l’offre américaine de juillet prochain.
- Le député Brando Benifei (IT-S&D) a prévenu que si les garanties du Parlement étaient érodées en cours de négociation, « nous ne voterions pas le texte final. »