Les 22, 23 et 24 mars, ce sont les deux dames de fer européennes que l’on retrouve en haut de l’affiche. Connues pour leurs prises de position en matière migratoire, l’actualité a mis en exergue leurs attitudes distinctes face à D. Trump, ce qui peut expliquer – du moins en partie – les résultats des scrutins auxquels elles étaient liées ces derniers jours.
- Au Danemark, où l’on votait le mardi 24 mars, c’est donc la Première ministre social-démocrate qui semble avoir gagné son pari électoral autour de la crise avec Trump autour du Groenland, Les pressions américaines sur l’avenir de l’île et la réaction européenne (ES 12/1/26) ont renforcé sa stature internationale et aidé son parti à rester en tête malgré un revers majeur aux législatives 2026.
- Elle l’emporte donc, de justesse enregistrant le pire score de son parti depuis un siècle, sans obtenir de majorité.
- Le bloc de gauche devance légèrement la droite, mais aucun camp n’atteint la majorité au Folketing, rendant la formation d’un gouvernement incertaine.
- Les écologistes, mais aussi la droite et surtout l’extrême droite progressent fortement, reflétant une recomposition politique.
- Comme le note l’analyse du think tank danois “Europa”, la victoire relative de M. Frederiksen repose sur des négociations nécessaires avec des partenaires plus petits, notamment le Green Left et les Social Libéraux, ainsi que potentiellement des centristes clés pour atteindre une majorité.
- Son expérience sur la scène internationale – notamment face à Trump et dans la gestion de la crise autour du Groenland – renforce néanmoins son profil malgré les défis intérieurs.
- D’où la question qui agite déjà certains : aurions-nous atteint le “peak-Trump”?
- Ce moment à partir duquel l’influence du président américain et du mouvement MAGA commencerait à décliner, voire à être contreproductive ?
- Le spectre de mauvaises « mid-terms » aux Etats-Unis et en Europe, la victoire de Mette Fredrikssen au Danemark et les défaites de J. Janša en Slovénie et G. Meloni à son référendum en Italie inspirent déjà les commentaires complaisants de ceux qui aiment se rassurer à bon compte en comptant les récents manifestants de part et d’autre de l’océan.
- L’Italie, qui votera en 2027, comme la France, a dit non à sa présidente du Conseil, G. Meloni, pour la première fois depuis son élection de 2022.
- Le référendum constitutionnel consacré à la réforme de la justice, organisé à sa demande, marqué par une participation exceptionnellement élevée, s’est transformé en test direct de son leadership, note Le Grand Continent.
- En s’impliquant fortement dans la campagne, elle a personnalisé l’enjeu et exposé son avenir politique.
- Le rejet du texte révèle un électorat mobilisé et plus critique, dans un contexte de fragilisation des droites européennes et de relative prise de distance vis-à-vis de Donald Trump.
- Cette défaite constitue son premier revers majeur et ouvre une phase d’incertitude politique, tout en redonnant de l’élan à une opposition jusqu’ici fragmentée – fragilisant son autorité, selon certains observateurs.