Alors que les négociations de 2015 sur le nucléaire iranien avaient été menées par l’UE, cette fois, celles-ci se font sans l’UE. Ce 6 février 2026 débutaient des négociations entre Téhéran et Washington, à Oman, sur le nucléaire iranien. Ceux-ci ont débuté dans une « atmosphère positive » selon l’Iran, qui avait invité les Etats-Unis à éviter toute « menace » pour que ces pourparlers se passent dans les meilleures conditions. Stupeur donc, alors que ces négociations se déploient dans un contexte régional plus que tendu.
- L’Iran a convoqué tous les ambassadeurs de l’Union européenne à Téhéran pour protester contre la décision de l’UE de classer le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) comme organisation terroriste.
- Téhéran considère cette désignation injuste et illégale, annonçant qu’elle envisagera des contre-mesures diplomatiques en réponse à cette décision prise en représailles à la répression des manifestations dans le pays.
- La convocation vise à exprimer formellement l’opposition iranienne et à avertir que d’autres réactions sont possibles face à ce qui est perçu comme une attaque contre les intérêts iraniens.
- Les Pasdarans, ou gardiens de la révolution, font office à l’origine de milice paramilitaire sous les ordres directs du guide suprême, l’Ayatollah Khamenei.
- Doublon de l’armée iranienne, censée simplement défendre les frontières de l’Iran (et en charge du maintien supposé de l’ordre dans le pays), les Pasdarans ont pour objectif eux de protéger le système, l’essence même de la République islamique.
- Plus qu’une simple milice, les gardiens de la révolution prennent une place à part entière dans l’écosystème iranien et dans la vie du peuple, ils ont un poids politique et économique croissant, démesuré, et sont présents dans toutes les strates de la société iranienne ;
- les Pasdarans représentent un véritable Etat dans l’Etat, ne répondant qu’au guide suprême, et sont présents à chaque mouvement de contestation, qui s’ensuit inévitablement d’une répression sanglante (comme en 2022 avec le mouvement « Femme, vie, liberté »).
- Les conséquences sont importantes. Face à la violence des événements, cette inscription des Pasdarans sur la liste des organisations terroristes va permettre aux Européens de pouvoir sanctionner et de cibler des individus précis, des haut-placés responsables des massacres.
- Reste néanmoins la crainte française sur les négociations sur le nucléaire iranien.
- Les Etats-Unis ont donc bien ouvert le bal ce 6 février, avec des négociations qui se sont relativement bien déroulées au vu du contexte, et se soldant pour l’instant avec de nouvelles sanctions américaines contre le pétrole iranien.
- Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en déplacement à Beyrouth, a également annoncé que l’Iran devra renoncer à être une puissance déstabilisatrice, à faire des concessions, tant sur le nucléaire, que sur son soutien à des groupes terroristes.
- Ces pourparlers à Oman ne sont qu’au début.