Sans tambour ni trompette, la Bulgarie devient le 21e Etat membre de la zone euro, ce 1e janvier 2026, 19 ans après son adhésion à l’Union européenne et 3 ans après la Croatie.
- La Commission estimait en en effet, en juin, que le pays remplissait l’ensemble des conditions nécessaires pour rejoindre la zone euro.
- Adhérer à la zone euro signifie constitue un acte lourd de sens.
- En effet, adopter la deuxième monnaie de réserve au monde et la deuxième monnaie la plus échangée, implique de répondre à des critères de convergence exigeants.
- Les douloureux épisodes d’austérité sévère marquent encore les mémoires.
- L’Etat doit pouvoir justifier de la stabilité des prix :
- l’inflation ne doit pas dépasser de plus de 1,5 point celle des 3 États membres les plus performants.
- L’Etat doit faire la preuve d’une situation budgétaire saine :
- Son déficit public doit être inférieur à 3 % du PIB
- et sa dette publique doit rester inférieure à 60 % du PIB.
- La monnaie nationale abandonnée doit avoir fait la preuve d’un taux de change stable :
- Le lev a participé au mécanisme de taux de change du système monétaire européen (SME) depuis 1999 sans fortes tensions pendant au moins deux ans.
- Enfin l’Etat doit apporter la preuve d’un taux d’intérêt à long terme ne dépassant pas de plus de 2 points ceux des trois États les plus stables de la zone euro.
- L’euro est donc aujourd’hui la monnaie unique de 357 millions de personnes et d’environ 85 % du PIB de l’Union européenne mais cette extension n’emporte pas de grand engouement.
- D’abord, parce qu’avec un PIB annuel de 100 milliards d’euros, la Bulgarie ne représente que 0,6% du PIB de la zone euro.
- Ensuite parce que la Bulgarie est aussi connue comme l’un des pays les plus corrompus d’Europe, selon l’indice de perception de la corruption de Transparency International.
- Cette corruption alimente d’ailleurs l’instabilité politique dont nous avons régulièrement fait état dans nos pages.
- Toutefois, les Echos soulignent que le PIB par habitant de la Bulgarie a presque doublé depuis son adhésion à l’Union.
- La Bulgarie reste certes le membre le plus pauvre de l’UE mais le rattrapage est rapide et mérite d’être souligné.
- La Bulgarie est aussi le deuxième Etat membre le moins endetté de l’UE.
- France culture fait aussi un peu preuve d’optimisme car la Bulgarie devant, maintenant, se conformer à l’arsenal législatif contre le blanchiment de l’argent et contre le financement du terrorisme, elle ne peut que se diriger vers un modèle d’Etat de droit exigeant.
- Il faut enfin admettre que, depuis leur adhésion à la zone euro, les trois pays baltes, la Slovaquie et la Slovénie ont tous connu une croissance du PIB supérieure à la moyenne de l’UE.
- Sur place, l’ambiance est morose.
- La Bulgarie est sans gouvernement depuis les manifestations anticorruption et la perspective de nouvelles élections législatives.
- Les huitièmes en cinq ans.
- Les Bulgares redoutent largement que l’introduction de l’euro ne contribue à une spirale inflationniste.
- Dans ce contexte d’instabilité, tout problème lié à l’introduction de l’euro sera exploité par les responsables politiques anti-UE, estime Boryana Dimitrova, de l’institut de sondage Alpha Research, interrogée par le Huffington Post.
- Selon la dernière enquête d’opinion d’Eurobaromètre commentée par le Sofia Globe, 49% des Bulgares y sont opposés.
- Pour tenter de rassurer, le Parlement bulgare a renforcé les organes de contrôle chargés d’enquêter sur les hausses brutales des prix « comme par hasard” liées au passage à l’euro, nous explique France info.
Malgré un encourageant 8% du PIB bulgare généré par le développement du tourisme qui devrait fortement bénéficier du passage à l’euro, le yaourt ne semble pas vouloir prendre.