THIS YEAR, TO SAVE ME FROM TEARS, I’LL GIVE IT TO SOMEONE SPECIAL 

Au premier janvier 2026, le Danemark a laissé son siège de président du Conseil de l’UE à Chypre. Nikos Cristodoulidis, président de la République a annoncé que les priorités chypriotes répondent à l’ambition d’une « Union autonome et ouverte”. Dans son programme, Chypre met en avant cinq axes principaux :  

  • Premièrement, l’« autonomie par la sécurité, la défense et la préparation » vise la mise en œuvre du Livre blanc sur la défense, le renforcement de la préparation civile, la pleine application du pacte asile‑migration, des frontières extérieures plus robustes et une coopération accrue avec les pays tiers.  
  • Deuxièmement, « l’autonomie par la compétitivité » passe par une accélération de la simplification réglementaire, la consolidation du marché unique, la sécurité énergétique, les interconnexions et l’investissement dans les technologies propres et l’innovation. 
  • Troisièmement, une « Union autonome ouverte sur le monde » met l’accent sur la Méditerranée, l’Ukraine, l’élargissement et la résilience de l’eau.  En outre, comme l’analyse le Figaro, Chypre envisage d’utiliser sa présidence du Conseil de l’UE pour mettre la Méditerranée orientale au cœur de l’agenda européen. Nicosie entend faire de la région un laboratoire pour cette « Union autonome ouverte » qu’elle ambitionne, en articulant migration, sécurité maritime, énergie et climat.  
  • La priorité est de renforcer le contrôle des frontières, la gestion des flux et les retours, tout en approfondissant les partenariats avec les pays riverains, notamment au Levant.  
  • Chypre cherche aussi à valoriser son rôle de hub énergétique (gaz, interconnexions, potentiel renouvelable) (ES 17/11/25) et de plateforme diplomatique entre UE, Moyen‑Orient et Golfe, en lien avec l’Ukraine, la Turquie (ES 31/3/25) et la stabilité régionale. 
  • Quatrièmement, une « Union autonome de valeurs pour tous » veut renforcer l’État de droit, la lutte contre la pauvreté, le logement abordable, la protection des enfants, l’égalité et la santé mentale.  
  • Enfin, cinquièmement, un budget de long terme solide doit soutenir ces orientations stratégiques, car c’est sous cette présidence chypriote que doivent se tenir les premières négociations sur le projet de budget européen pour le prochain cadre financier pluriannuel (2028-2034) – un projet déjà fort controversé  (ES 8/9/25). 

Dans l’UE, il n’y a pas vraiment de petit pays, il n’y a que des administrations plus ou moins bien préparées à faire avancer l’intérêt général européen. Bonne chance à la présidence chypriote pour mener la barque du Conseil dans ces temps de « trumpnado ».