SCAF ANDRE 

Justement, qu’en est-il de l’avion de combat du futur – au cœur des tensions industrielles entre Paris et Berlin ? (ES 13/10/25 et 10/11/25). Le SCAF (Système de combat aérien du futur –FCAS en anglais) est un habitué des retards et des débats stériles, et la fin 2025 n’a pas fait exception. Un accord devait être trouvé avant 2026, ça n’a pas été le cas. Les guerres d’influence entre Dassault, qui représente les intérêts du gouvernement français et souhaite plus de pouvoir décisionnel dans la conception et la construction des systèmes, s’oppose à Airbus Defence and Space, qui représente ici les intérêts des gouvernements espagnols et allemands.  

 

  • Les industriels semblent avoir en interne déjà renoncé à faire naître le SCAF européen initialement envisagé.  
  • Dassault, qui porte la conception et construction du système de drones et l’informatique dématérialisé, pourrait voir Airbus se tourner vers des partenaires industriels suédois ou polonais, notamment le suédois Saab, le constructeur du Gripen.  
  • Saab a manifesté son intérêt, mais revendique la même indépendance et secret industriel que Dassault. Le besoin critique de drones a été démontré sur le front ukrainien, Dassault garde donc la main. 

   

  • Plus largement, on peut se demander à quoi servirait une armée européenne sans une vraie Base Industrielle et Technologique de Défense ?  
  • sur le territoire européen pour remplacer la présence américaine, 
  • dans les bases de l’OTAN et dans une mission de maintien de la paix post-conflit ukrainien  
  • a été soulevé par le Commissaire européen à la défense et à l’espace, Andrius Kubilius. 
  • l’investissement industriel,  
  • la préparation des institutions,  
  • et la volonté politique de défendre conjointement l’Union. 
  • En ce qui concerne le premier pilier, auquel il faudrait ajouter la nécessité d’une interopérabilité des armées européennes (qui nécessite elle-même des achats de mêmes systèmes de défense), l’UE semble en bonne voie :  

 

  • Une étude de l’institut Carnegie publiée en décembre 2025, souligne les obstacles de production et de savoir-faire auxquels se heurte l’industrie de la défense européenne : 
  • cet afflux massif de financements arrive trop tard et trop soudainement, alors que les chaînes de production sont obsolètes ;  
  • les chaînes d’approvisionnement fragmentées entraînent des coûts supérieurs à ceux des industriels américains ;  
  • les chaînes d’approvisionnement sont trop focalisées sur les systèmes de défense conventionnels. 

 

L’industrie européenne doit donc d’urgence se moderniser et s’adapter à la guerre hybride en se dotant de systèmes anti-drones et d’une cyber-sécurité renforcée ; et optimiser ses coûts en mutualisant les achats de matières premières entre industriels en s’appuyant sur des contrats conclus avec l’UE et les réglementations européennes.