Nouvel Euroscope particulièrement Géopolitique aujourd’hui. L’intensification du rythme de modification de l’environnement géostratégique de l’UE rend incontournable cette nouvelle focalisation sur la scène internationale. Alors que se profile le mois prochain le quatrième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine, l’année 2026 s’est surtout ouverte sur une « opération spéciale » américaine au Vénézuéla, en violation totale du droit international et justifiée en tous points par la même rhétorique que celle de la Russie de Poutine en Ukraine (ES 5/1/26), dissimulant à peine les intérêts miniers et territoriaux sous le couvert d’un prétexte juridique.
L’analyste Nicolas Gros-Verheyde revient d’ailleurs sur les leçons de cette nouvelle donne américaine dans un récent post Linkedin : l’opération au Venezuela révèle un nouveau style d’intervention américaine, ciblée, spectaculaire, sans ambition démocratique ni « nation building ». Trump conserve l’usage de la force, mais de façon limitée, au service d’intérêts économiques. Ce « droit d’ingérence » assume le mépris du droit international et transforme le président en acteur imprévisible, capable de frapper vite. Géopolitiquement, c’est à la fois un signal aux puissances rivales et une menace pour les dirigeants autoritaires. Pour l’Europe, l’avertissement est clair : face aux sanctions et pressions américaines, elle doit préparer des mesures de rétorsion, réduire ses dépendances stratégiques et privilégier résolument ses propres outils économiques et technologiques.
L’année 2025 s’était surtout conclue sur la publication de la US security strategy, le document directeur qui expose la nouvelle doctrine impériale des Etats-Unis vis à vis du reste du monde – du jardin protégé de l’Amérique latine à la dégradation de l’Europe, passée d’alliée à vassale, voire enjeu de pouvoir. Avec en ligne de mire, le Groenland. Un miroir des divergences stratégiques transatlantiques.