Dès les débuts du conflit en Ukraine, la Turquie s’est imposée comme un acteur majeur, et même un partenaire essentiel de l’Ukraine.
- Cependant, comme l’explique le Carnegie centre, la relation entre la Turquie et la Russie est complexe et multidimensionnelle, mêlant coopération et rivalité dans divers domaines.
- Sur le plan énergétique, la Turquie dépend fortement des importations russes pour le gaz naturel, le pétrole et le charbon, renforçant leur interdépendance.
- Dans le domaine de la sécurité, malgré des intérêts divergents en Syrie, en Libye et dans le Caucase du Sud, les deux pays parviennent à coordonner leurs actions pour éviter des confrontations directes.
- L’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 et l’un des objectifs de guerre de Poutine visant la domination de la Mer noire ont forcé Ankara à revoir son positionnement.
- Les nombreuses tensions (du chantage sur l’adhésion à l’OTAN de la Suède, EIH 25/6/23, aux provocations en Méditerranée orientale, EIH 14/10/21) semblent avoir trouvé un cadre de résolution dans la nouvelle Communauté Politique européenne lancée en 2022 par E. Macron (EIH 9/9/22).
- Après avoir négocié les accords pour l’exportation de marchandises depuis l’Ukraine par la mer Noire, que Moscou a quittés en 2023, et maintenu des relations ambivalentes avec la Russie, le président turc a tenu à rappeler que la sécurité du continent européen concerne aussi la Turquie,
- Il confirme ainsi les investissements sécuritaires que la Turquie a fait en mer Noire ces dernières années
- La Turquie devient donc la puissance incontournable de la région, en partenariat avec l’OTAN et les nations européennes, sans se détourner pour autant du Kremlin.
- Comme le note l’Atlantic council, la Turquie renforce son influence en Méditerranée en alignant ses stratégies en Libye et en Syrie, combinant interventions militaires, accords politiques et outils économiques pour remodeler la dynamique régionale à son avantage.
- D’une certaine façon, le président Erdogan a saisi le prétexte de la défense contre la Russie pour rentrer dans le « concert européen ».
- Mais la question reste entière de savoir si, en échange, l’UE aura des exigences sur la démocratisation du régime.