Même notre accoutumance aux retournements de situation des séries politiques ne nous avait pas préparés au scénario frénétique de la nouvelle administration Trump. Les dernières annonces du président américain ont déchiré le voile d’optimisme des Européens sur le lien transatlantique : en annonçant le gel des aides militaires et financières à l’Ukraine contre la Russie, pour faire pression sur le président Zelensky après la mise en scène mondialisée de son humiliation (cf. EIH 3/3/25), les Etats Unis scellent le sort de l’Ukraine sur la défaite.
- Les conséquences de l’abandon militaire américain se feront cependant sentir dans les prochaines semaines pour l’armée ukrainienne.
- Pour le moment, elle épuise ses stocks de munitions plus vite que ses alliés ne peuvent les réapprovisionner.
- Le message semble être bien passé puisque le président ukrainien a finalement annoncé son allégeance « au leadership trumpien ».
- Côté européen, les positions de Trump incitent les populations européennes à penser que Donald Trump est une menace pour la démocratie et la sécurité européenne, et non un allié.
- Faute d’allié américain, les appels à la création d’une véritable armée européenne se font plus nombreux et plus forts.
- Depuis l’épisode de la Maison Blanche, les Européens ont fait grand cas d’afficher leur soutien à l’Ukraine.
- Ils réitèrent leur soutien indéfectible à la défense d’un voisin démocratique résistant à l’envahisseur.
- Y compris par des manifestations spontanées comme au Royaume-Uni, où la résistance ukrainienne résonne avec des accents des Darkest Hours.
- L’Ukraine remet en tout cas le Royaume Uni au cœur du dispositif européen de défense, malgré le Brexit.
- Le Premier ministre britannique et le président français, ont annoncé être prêts à déployer des troupes dans une mission de maintien de la paix en Ukraine post-conflit.
- Le président français a ensuite appelé dans une allocution télévisée à “augmenter les capacités de défense de la France” face aux menaces
- Un programme ambitieux, mais se heurtant aux structures actuelles des armées selon l’ancien directeur de l’Ecole de Guerre.
- De son côté, la Pologne estime, à raison, qu’elle fait déjà beaucoup.
- Elle refuse de déployer des moyens humains en plus de l’aide financière, politique et logistique qu’elle apporte déjà à l’Ukraine.
- Le Chancelier-élu allemand Friedrich Merz, en revanche, a bouleversé la position de son pays pour réarmer l’Allemagne et l’Europe.
- Plus aligné sur la vision française de l’autonomie stratégique européenne que son prédécesseur, F. Merz a annoncé un plan d’investissement dans les infrastructures et la défense de 800 milliards d’euros qu’il présentera au Bundestag.